Pour l'heure, les résultats partiels qui arrivent au compte-gouttes semblent confirmer cette tendance. La CEI a donné un peu plus de la moitié des résultats après une plénière qui s'est prolongée jusque-tard dans la nuit du lundi 30 au mardi 31 octobre. Mais ces résultats ont oscillé entre 99,30% en faveur du « oui » dans la région de Hambol (dans la Vallée du Bandama) ou 98,81 dans la région de Bagoué (Savanes) contre des faibles taux de participation dans certaines régions. Mais on ne peut donner avec certitude de chiffres définitifs avant l'annonce officielle de la CEI.
Justement, c'est les chiffres sur le taux de participation qui sont attendus avec impatience. Si pour l'Alliance des forces démocratiques de Côte d'Ivoire (AFD-CI), une coalition de partis d'opposition, ce taux devrait se situer entre « 6 et 7% », le Front pour le refus qui a battu campagne pour le « non », ramène ce chiffre entre « 3 et 5% ». Le Rassemblement des républicains (RDR), le parti au pouvoir planche quant à lui pour une confortable victoire tout en insistant sur le caractère fantasmé des chiffres avancés par les pourfendeurs du projet.
Toujours est-il que le taux de participation sera déterminant pour donner de la crédibilité à une réforme constitutionnelle portée par le président Alassane Ouattara. Il permettra de déterminer si le scrutin constitue un plébiscite pour président ivoirien ou au contraire si ce sera un désaveu des urnes. La barre est en plus placée très haute en comparaison de la dernière consultation référendaire. En 2000, suite à la prise du pouvoir par le Général Robert Guei le jour de Noël 1999 pendant lequel il renverse Henri Konan Bédié et son gouvernement, le référendum de révision de la constitution de 1960 avait recueilli 86,53% de « oui » pour un taux de participation de 56%.
Alassane Ouattara le sait, il devra faire mieux. Le président ivoirien, porteur du projet indique vouloir clarifier les conditions d'éligibilité du président de la république. Le texte devrait également permettre de supprimer le concept d'« ivoirité », un concept proche de la préférence nationale qui établit la nationalité ivoirienne d'un individu seulement si ses 4 grands-parents sont ivoiriens. Ce concept avait permis d'écarter Alassane Ouattara de la course pour les présidentielles de 1995 et de 2000 et empoisonné la vie politique ivoirienne. Le projet de réforme entend aussi instituer une vice-présidence, un Sénat et institutionnaliser la Chambre des rois et chefs traditionnels (chefs coutumiers).
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

L'opposition avait appelé au boycott du scrutin estimant que, le texte rédigé par des experts dont les critères de cooptation n'ont pas été précisés, n'était pas inclusif. En effet, l'opposition et la société civile n'avaient pas été conviées à l'élaboration du texte, ce qui a pu pousser à qualifier le texte de "monarchique et rétrograde".
À lire également
Le reste des résultats finaux est attendu, ce mardi dans l'après-midi. La Côte d'Ivoire devrait alors se diriger vers une « troisième république » après les référendums de 1958, 2000. La CEI dévoilera alors le comportement des 6,3 millions d'électeurs dans l'isoloir : le plébiscite ou le désaveu !
En Côte d’Ivoire, l’économie peut-elle supporter le coup politique ?
A Rabat, l'économie au coeur des échanges entre Mohammed VI et l'Alliance des Etats du Sahel
« Les partenariats conclus avec la France placent le Maroc comme corridor unique entre l’Afrique et l’Europe »
Macron à Rabat ou comment le partenariat France-Maroc peut « inspirer » la coopération Europe-Afrique