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Castro, le « Fidel » africain

Photo de Amine Ater

Amine Ater

Publié le 27 novembre 2016 à 13:39 - Mis à jour le 27 novembre 2016 à 13:46

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Jamais la mort d’un cubain n’a autant suscité de réactions dans le monde. Tristesse et recueillement d’un côté, liesse et joie de l’autre, reste que tous s’accordent sur le Fidel Castro artisan de l’indépendance cubaine. Connu pour son soutien aux guérillas Sud-américaines et ses pieds de nez au puissant voisin américain, le rôle de La Havane en Afrique reste discret. Sous l’ombre de Moscou, Cuba est rapidement devenue la plus africaine des îles des Caraïbes.

Le dernier vestige de la guerre froide s'est éteint le 25 novembre dernier à la Havane. « Le commandant en chef de la révolution cubaine est décédé à 22 heures 29 », annoncé le président cubain Raul Castro à la télévision nationale. La mort de Fidel Castro à 90 ans signifie pour beaucoup la fin d'une ère. Pour les cubains, « le camarade Fidel », était l'artisan de l'indépendance nationale et une épine dans le pied du « Yankee ». Pour les américains, Castro était assimilé comme la tête de pont de Moscou dans son pré-carré. Ce dernier a fait l'objet de plus de 600 tentatives d'assassinat par la CIA, avant de devenir une sorte d'ennemi intime que Washington se plaisait à étouffer économiquement après la chute du bloc soviétique.

Kabila et le Che

Il n'empêche que Cuba en plus de servir de relais de Moscou en Amérique latine, a eu une longue épopée africaine. Une présence qui débuta en 1965 avec l'arrivée du symbole et porte lance de la révolution cubaine, l'argentin Che Guevara au Congo, pour lutter contre le régime de Mobutu et venger la mort de Patrice Lumumba. En tant que fervent défenseur de l'internationale révolutionnaire, le Che a rejoint la région congolaise du Fizi où il se plaça sous le commandement d'un certain Laurent-Désiré Kabila, qui prendra le pouvoir 30 ans plus tard (et dont le fils est actuellement à la tête du pays). Une parenthèse congolaise qui fut un fiasco selon Che Guevara. Le départ du « Commandante » ne signifia pas la fin de la présence cubaine au Congo, où les troupes de Kabila ont toujours eu le soutien de conseillers et renforts cubains lors de sa guérilla contre Mobutu.

Au secours d'Addis-Abeba

Les militaires cubains ont également joué un rôle non négligeable lors de la guerre de l'Ogaden (conflit frontalier entre la Somalie et l'Ethiopie) entre 1977 et 1978. Bousculée par l'incursion somalienne dans la région de l'Ogaden, Addis-Abeba, gouvernée par un régime socialiste réclame le soutien de Moscou et la Havane. Cette dernière finira par déployer un contingent de 18.000 soldats, appuyés par une flottille aérienne. Un apport qui permettra à l'Ethiopie de renverser la situation, reprendre le terrain perdu, renforcé le pouvoir du régime ou encore affaiblir considérablement Mogadiscio.

Le camarade angolais

L'Angola reste le plus grand terrain d'intervention de l'armée cubaine en Afrique, dont la présence a atteint 55.000 hommes en 1987. Une présence qui a duré de 1961 à 2002 et a permis au Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) de se maintenir au pouvoir. La Havane a, rappelons-le, soutenu le MPLA dans sa lutte contre le colonisateur portugais en dépêchant sur place hommes et matériels. Après l'indépendance, le duo La Havane-MPLA a affronté tour à tour l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA), le Front national de libération de l'Angola (FNLA) voire même l'armée réglementaire Sud-Africaine (SADF). Un affrontement dont le point culminant reste la bataille de Cuito Cuanavale qui a connu son point d'orgue du 12 au 20 janvier 1988 et a vu 20.000 soldats angolais et 5.000 soldats cubains affronter 10.000 combattants de l'Unita renforcés par 7.000 soldats Sud-Africains. Lors du siège de la ville par l'Unita et le SADF, ces derniers ont enregistré 3.000 morts du côté de l'Unita, 31 morts sud-africains et 9 véhicules perdus (blindé et avions), alors que les défenseurs ont perdu 4.785 soldats, 94 chars et 9 avions.

Cubains à Cuito Cuanavale
Cubains à Cuito Cuanavale (Crédits : Photo DR)

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Une bataille meurtrière qui reste l'affrontement le plus meurtrier enregistré sur le continent depuis la 2e guerre mondiale et qui en plus d'éviter une scission de fait de l'Angola, a facilité l'indépendance de la Namibie voisine. Cuba a également épaulé le Front Polisario, lors de sa guerre contre le Maroc. Une intervention qui s'est limité à un soutien technique et médical.

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Amine Ater

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