La CPI au crible des députés africains
Emmanuel Atcha
Emmanuel Atcha
Les parlementaires africains de 28 pays se sont retrouvés en conclave à Dakar la semaine dernière pour discuter de l'importance du rôle de la cour et par la même occasion, parler de la pertinence de la cour en Afrique. Au cours de cette rencontre, les représentants des peuples devront prendre position sur les questions des défections réelles et potentielles de la CPI et sur le principal argument des détracteurs de la cour, qui estiment qu'elle ne s'intéresse qu'aux dirigeants africains.
Pour une raison ou pour une autre, les relations entre l'Union africaine (UA) et la CPIse sont détériorées petit à petit. La cour a d'ailleurs fréquemment appelé l'Afrique à revenir.
Ces derniers mois ont été mouvementés en Afrique par rapport à la Cpi. De la critique de la cour au retrait pur et dur, le pas est grand. Et plusieurs pays africains ont réussi à le franchir. Alors qu'on s'y attendait le mois et que rien ne le présageait, en octobre dernier, le parlement et le sénat du Burundi ont voté pour le retrait de leur pays de la Cpi. Le président Nkurunziza qui a souvent critiqué la cour a réussi un grand coup.
Plus tard, le pas du Burundi sera suivi dans le même mois par un grand de l'Afrique. L'Afrique du sud va annoncer son retrait de la Cour. Tremblement à la CPI quand on connait l'importance de l'Etat Arc-en-ciel sur le continent. L'ancienne première économie d'Afrique a cessé d'entretenir de bonnes relations avec la Cour quand lors d'un sommet de l'UA on lui a presque interdit de ne pas recevoir le président Soudanais El Hadj Omar El-Béchir, visé par une procédure de la CPI. Quelques jours après, en pleine fièvre électorale, Yahya Jammeh, Président sortant de la Gambie annonce le retrait de son pays du Statut de Rome, texte fondateur de la CPI.
Dernièrement, c'est la Namibie qui a menacé de quitter la CPI et le chef d'Etat Hage Geingob a même posé pour condition que les Etats-Unis signent le Statut de Rome, faute de quoi son pays se retirerait.
Dans presque tous les pays, tout retrait de la CPI même voulu par le Président de la République doit être entériné par les parlementaires. Dans le cas contraire, ce ne sera qu'un désir sans conséquence. Ainsi les députés sont dernièrement très sollicités sur la question. Sébastien Kapuru, député namibien présent à Dakar l'a déjà évoqué déjà. « Je pense qu'il est très important qu'il existe une cour internationale et d'ailleurs, en tant que député je n'ai pas vu la demande de retrait de la CPI arrivée au Parlement. Or, pour que ce retrait soit acté, il faut qu'il soit adopté par le Parlement », affirme t-il, visiblement heureux que son pays n'ait pas quitté la Cpi. Pour eux, il est difficile d'obtenir du parlement de rester dans la Cpi, quand le chef de l'Etat lui voudrait le contraire.
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Millie Odhiambo, député kényane de l'opposition s'est livré en expliquant que ce n'est pas simple de défendre la Cpi. Car les députés de l'opposition, sont « en minorité et parce que les président et vice-président kényans ont été mis en examen par la CPI. Mais on ne travaille pas ça uniquement contre eux. On le fait pour le pays et pour que la justice et la justice internationale soient meilleures ».
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Face à l'impopularité grandissante de la CPI en Afrique, les sympathisants et défenseurs de la Cour doivent redoubler leurs efforts. Avec des justices pour la plupart à la solde des pouvoirs centraux, la CPI reste le plus souvent le dernier recours malgré elles, des populations meurtries.
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