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Angola : la succession de José Edouardo Dos Santos (enfin) ouverte

Photo de Ibrahima Bayo Jr.

Ibrahima Bayo Jr.

Publié le 04 février 2017 à 09:19 - Mis à jour le 04 février 2017 à 10:36

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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C'est désormais acté! José Edouardo Dos Santos ne sera pas candidat à sa succession aux législatives de 2017. Le second président de l'Angola indépendant va mettre fin à ses près de quatre décennies de règne. Son successeur à la tête du parti qui lui a permis cette longévité exceptionnelle au pouvoir est déjà connu. Mais le renoncement de José Edouardo ouvre la lutte pour sa succession entre les prétendants dissimulés ou pressentis.

« J'ai pris la décision de quitter la vie politique en 2018 ». Près de deux mois après ses propos, José Edouardo Dos Santos est revenu à la tribune du comité central du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA, au pouvoir) pour confirmer son intention de quitter le pouvoir qu'il détient depuis 37 ans et 4 mois.

Artisan de l'indépendance

Un petit mois d'avance seulement avant ce soir de décembre 1979 et, « Zedu » -contraction de José Edouardo-, aurait détrôné l'inamovible Teodoro Obiang Nguema, qui occupe le haut du palmarès du record de longévité au pouvoir en Afrique.

Né en 1942 dans le très populeux et indocile bidonville de Sambizanga à Luanda, José Edouardo Dos Santos est un militant de la première heure du MPLA, mouvement de lutte pour la décolonisation de cette ancienne colonie portugaise riche en pétrole et en ressources au cœur de l'Afrique centrale.

Après un bref passage dans les maquis révolutionnaires aux deux Congos, ce marxiste convaincu part étudier l'ingénierie des télécommunications à Bakou en Azerbaïdjan où il décroche son diplôme et épouse la mère de sa première fille, Isabel Dos Santos.

De retour au bercail dans les années 1970, il entre en politique dans l'enclave de Cabinda, 2ème région politico-militaire du MPLA pour lequel il coordonne les affaires politiques et diplomatiques et les contacts avec les soutiens de son mouvement pour le bureau central.

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L'indépendance obtenue en 1975 au prix d'une lutte armée dont il est l'un est un des artisans, José Edouardo Dos Santos entre dans le gouvernement d'Agostinho Neto, le père de l'indépendance, d'abord en tant que de ministre des Relations extérieures, puis de premier ministre adjoint et ministre du Plan.

A la mort en 1979 du premier président de l'Angola indépendante, le congrès u parti nationaliste désigne José Edouardo Dos Santos pour lui succéder au Palais rose de Luanda. L'héritage du père de l'indépendance porte en son sein une guerre civile qui déchire le pays.

La faute à cette violente rébellion menée par Jonas Savimbi de l'Union Nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA). La guerre durera 27 ans et fait plus de 30.000 morts à sa fin en 2002 à la mort du leader du mouvement.

Cet obstacle levé, le pays se consacre à sa modernisation grâce à la rente pétrolière qui ne contribue pas à lutter contre la pauvreté. Au compte de Zedu, la pacification du pays et la mise en place de nombreux projets d'infrastructures qui transforment Luanda sans que les lumières éclairent le reste du pays.

Succession ouverte

Le deuxième président angolais sera élu en 1992, puis réélu en 2012 après annulation de scrutins. Zedu a pris les devants en faisant modifier la constitution en 2010 et faire sauter la limitation de mandat mais aussi enlever l'élection du président au suffrage universel direct.

Désormais, la nouvelle constitution du pays prévoit l'élection du président de la République angolaise au sein du parti arrivé en tête des élections législatives. Autant dire que le MPLA encore populaire dans toutes les régions du pays est parti pour régner longtemps sur cette « pétro-république » d'Afrique centrale.

A la charge de José Edouardo Dos Santos, des accusations d'affairisme et népotisme avec le placement de membres de sa famille notamment ses enfants dans les secteurs économiques les plus stratégiques du pays. Symbole de ce favoritisme érigé en critiques, la fille aînée de Zedu, Isabel Dos Santos a été portée, contre protestations et levée de bouclier, à la tête de la Sonangol, la société nationale d'exploitation du pétrole.

Surnommée la « princesse » à 43 ans, Isabel Dos Santos, l'Africaine la plus riche du continent est concurrencée sur ce terrain par ses demi-frère et sœur, issus des trois remariages de son père.

Sa demi-sœur, Welwitschita (41 ans), issue d'un second du père règne sur un empire médiatique et est membre du bureau central du MPLA, section des jeunes. José Filomeno de Sousa, 39 ans, issu d'un troisième mariage dirige le puissant Fonds souverain d'Angola (FSDA), doté de 5 milliards de dollars avec un portefeuille pour le pétrole, les mines, l'immobilier, l'agriculture et le tourisme.

Avec le renoncement de José Edouardo Dos Santos -vraisemblablement pour raison médicale- la succession après son « très long règne » selon ses mots, est ouverte.

« De nombreux Angolais vont pour la première fois être les spectateurs d'un changement de président. C'est un tournant décisif dans l'histoire de l'Angola moderne », analyse pour l'AFP, Alex Vines, du centre de réflexion britannique Chatham House.

Pour prendre le relais de Zedu, l'ancien ministre de la Défense, le général à la retraite, João Lourenço, devenu depuis le dernier congrès, vice-président du parti, qui a été désigné pour lui succéder à la tête du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA).

Mais ce dernier sait très bien qu'il marche sur des œufs sur la longue route qui pourrait le mener à devenir 3ème président de l'Angola si son parti venait à remporter les élections. A 63 ans, son commentaire de la succession de José Edouardo Dos Santos, lui avait valu d'être écarté lors du congrès 2003 du MPLA.

Aujourd'hui président du parti, João Lourenço doit habilement associer patience et protection des intérêts économiques des Dos Santos pour espérer s'asseoir sur le fauteuil que va laisser vacant José Edouardo. Même avec son départ, ce dernier reste le vrai président de l'ombre du pays puisque sa famille contrôle tous (ou presque) les secteurs économiques du pays.

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Au moindre faux-pas, Joao Lourenço pourrait être évincé au profit d'un des fils (ou filles) de Dos Santos à qui on prête l'ambition de vouloir succéder à leur père sur le fauteuil du Palais Rose de Luanda. Un Dos Santos peut donc en cacher un autre !

Ibrahima Bayo Jr.

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