Une consultation référendaire ! Combatif jusqu'au bout, c'est l'option choisie par Mohamed Ould Abdelaziz pour mener sa réforme de la constitution de 1991, alors que les observateurs planchaient pour un abandon du texte. Convaincu d'avoir plus de chance avec le peuple, le président mauritanien veut que le référendum soit organisé « le plus rapidement possible ».
Certain de remporter cette manche, le général-président veut gommer le revers du 18 mars dernier lorsque des sénateurs de son propre camp ont eu l'« audace » de retoquer un texte validé neuf jours plus tôt par les députés acquis à la cause de l'Union pour la République (UPR, parti au pouvoir). Alors, lorsqu'il brise son silence de colère face à ce que son camp qualifie de « trahison », le président mauritanien s'aménage une porte de sortie honorable.
Pour le président mauritanien, le référendum devrait permettre de corriger un « dysfonctionnement dans [la] démocratie ». « Nous ne pouvons admettre que 33 sénateurs qui ont voté contre les amendements tiennent tout un peuple en otage », a laissé entendre le président mauritanien.
Au peuple donc de trancher le tumultueux débat de la révision constitutionnelle qui sera passée par un dialogue « inclusif » boycotté par une partie de l'opposition, une validation des députés avant d'être bloquée par le Sénat. La porte de sortie présidentielle pourrait ici être un aller sans possibilité de retour. En organisant un référendum, le président pèse sa propre légitimité à l'aune du résultat des urnes.
L'échéance arrive au moment même où l'UPR est traversé par des clivages avec en toile de fond une guerre larvée pour la succession du président qui devrait quitter son fauteuil en 2019. Mais le général envisage -t-il seulement de quitter le Palais au terme de son mandat ?
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L'opposition voit dans cette soudaine hargne présidentielle un agenda caché de Mohamed Ould Abdelaziz. Elle craint que le président ne tente, avec les amendements constitutionnels qui seront soumis au vote populaire, de faire sauter la limitation du nombre de mandats. Une perspective qui pourrait permettre au président de serrer la vis sur un troisième mandat. Décidée à barrer la route à ce dernier projet, l'opposition promet un nouveau combat. Le début de nouvelles joutes politiques.
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