Pour le président sénégalais Macky Sall, les acclamations lors du CEO Forum (20 et 21 mars 2017) à Genève ont laissé place quelques jours plus tard à une « embuscade » des membres de la diaspora sénégalaise, partisans de Khalifa Sall qui l'ont copieusement hué au cri de « Macky dictateur » devant sa résidence parisienne.
Le sort du maire de Dakar, écroué depuis le 7 mars dernier, pour une ténébreuse affaire de détournement présumé de fonds publics, inquiète en effet les capitales occidentales. Si bien que lors de son séjour en Suisse, plusieurs personnalités ont interpellé le président Macky Sall sur son agenda envers Khalifa Sall, maire de Dakar depuis 2009.
Officiellement, le chef de l'Etat sénégalais a endossé ses habits de garant de l'indépendance de la justice de son pays. Hors de question donc pour lui d'être une partie prenante dans la procédure judiciaire visant le maire de Dakar. Officieusement, certains observateurs font remarquer la concomitance de l'incarcération du maire de Dakar avec l'approche des élections législatives, moment potentiel de la démonstration du poids que l'édile de la capitale sénégalaise commençait à prendre sur l'échiquier politique.
Confidentiellement, des sources ayant requis l'anonymat rapportent à La Tribune Afrique, des audiences privées accordées à d'éminentes personnalités à Genève comme à Paris. Lors de ces « audiences du silence », Macky Sall aurait déclaré qu'il était, « à titre personnel », favorable à ce qu'une libération sous caution de Khalifa Sall intervienne pour déminer l'épineux dossier de la « caisse d'avance » qui défraie la chronique au-delà des simples frontières sénégalaises.
Qu'est-ce qui motive cette inclinaison présidentielle pour une libération sous caution ? Dans le cercle du président sénégalais on ne mesure que trop bien que le passage par la case prison de « Khaff », comme le surnomment ses compatriotes, qui risque de tailler à Khalifa Sall une stature internationale. Cette dernière risque de brouiller la communication de l'image à l'international de Macky Sall lui-même, soucieux de mettre en avant son Plan Sénégal Emergent (PSE).
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À l'approche des législatives de juin où une certaine frange de l'opposition se dit déjà favorable à faire de Khalifa Sall sa tête de liste, le président sénégalais pencherait donc pour une solution qui permettrait de sortir de l'ornière. En effet, une libération sous caution n'arrêterait pas pour autant les poursuites judiciaires à l'encontre du maire de Dakar, mais empêcheraient de Facto ce dernier de se placer dans une position victimaire pendant trop longtemps, ce qui contribuerait à lui tailler un statut d'Icône de l'opposition.
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