Silencieuse, la mine ferme derrière ses lunettes, Helen Zille n'a ouvert la bouche que pour présenter des excuses publiques « sans réserve » suite à ses propos qui ont déclenché l'ire des Sud-Africains et la fureur sur internet.
Peu avant ces excuses publiques, Helen Zille a été déchue de toute responsabilité du parti dont elle était il y a quelques mois, la présidente. Cette disgrâce publique, cette ancienne journaliste la doit à ses propos controversés sur de supposés aspects positifs de la colonisation en Afrique du Sud.
Même si Helen Zille conserve son poste de première ministre de la Province du Cap-Occidental, l'ex-chef de l'opposition ne pourra plus exercer de fonction dirigeante dans les instances de son propre parti. Pour calmer la polémique, l'Alliance démocratique a nommé à sa tête, Mmusi Maimane, devenu depuis le premier noir à diriger ce parti qui parvient difficilement à décoller son étiquette de « parti blanc ».
Pour remonter plus loin dans l'histoire qui a valu cette volée de bois vert à Helen Zille, il faut aller à la mi-mars sur la Toile sud-africaine. Sur son compte Twitter, la présidente de l'AD balance une phrase-étincelle qui va allumer et entretenir le feu de la polémique.
« Pour ceux qui considèrent que l'héritage du colonialisme est SEULEMENT négatif, pensez à l'indépendance de la justice, au réseau de transports, à l'eau courante, etc. », a-t-elle twitté. Récidiviste, Hellen Zille ajoute une question aussi tendancieuse que scandaleuse : « Est-ce que nous aurions ce niveau de soins spécialisés et de traitements sans l'influence coloniale ? Soyez honnêtes, s'il vous plaît. ».
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Cette honnêteté qu'elle appelait de ses vœux, s'est mue en une virulente polémique dans cette ancienne colonie britannique depuis le 17ème siècle, passée sous le régime de l'apartheid (1948-1994). Les tweets Zille déclenchent une levée de bouclier et partout en Afrique du Sud, on appelle à sa destitution.
Dans une posture délicate, le parti rappelle que l'activisme anti-apartheid de cette ancienne journaliste a permis de révéler la mort dissimulée de Steve Biko en 1977. En vain ! L'AD décide alors d'enclencher une procédure judiciaire contre Helen Zille et de nommer le premier noir à la direction du parti.
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Ce dernier promet désormais de travailler pour « réconcilier les Sud-Africains, blancs ou noirs, sur la voie du progrès et de la prospérité pour tous ». Au pays de Nelson Mandela qui porte encore les stigmates de la ségrégation raciale, c'est le seul message qui apaise les tensions.
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