Le personnel de justice ne décolère toujours pas. Après une grève de 72 heures déclenchée le 12 juin dernier, les syndicats des fonctionnaires de la justice a décidé d'une « grève illimitée » ce jeudi 15 juin, sur toute l'étendue du territoire burkinabé. Cette prolongation est motivée par le fait que les fonctionnaires estiment que les revendications qui ont conduit à ces trois jours de grève n'ont pas été satisfaites par leur ministère de tutelle.
Ces revendications concernent une sécurisation des cours et palais de justice du Burkina mais aussi une protection des agents judiciaires dans l'exercice de leurs fonctions suite au saccage, le 8 juin dernier, du Palais de Justice de Manga dans le sud du pays. A l'entame de leur mouvement de grève ce lundi 12 juin, les fonctionnaires ont exigé une rencontre avec les ministres de la Justice et de l'Administration territoriale.
Ils souhaitaient établir un état des lieux du niveau de sécurité dans leurs lieux de travail mais aussi pousser l'Etat burkinabé à prendre des mesures de sécurité contre les agressions des agents du secteur de la justice. Les contacts ont été établis et, à ce jour, aucun des ministres n'a rencontré les représentants syndicaux. C'est cette politique de la « sourde oreille » qui a exaspéré les syndicalistes au point de décréter la « grève illimitée ».
Le bras de fer semble désormais engagé avec l'Etat pour une satisfaction des revendications des syndicalistes. Le secteur de la justice est à l'arrêt depuis le 12 juin. Le personnel a décidé de n'exécuter aucun acte de justice, de n'émettre aucun document émanant des cours et palais de justice. De même, les visites aux prisonniers ont été stoppées dans tous les établissements pénitentiaires.
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Avec cette prolongation de la grève, les syndicalistes sont passés à la vitesse supérieure pour faire pression sur l'Etat. Le système déjà paralysé pourrait être totalement bloqué avec cette grève désormais devenue « illimitée ». En attendant le retour de voyage du ministre, il n'y a plus aucun magistrat à la cour. Pour espérer contenir la colère des prétoires, le gouvernement pourrait avoir besoin de temps.
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