Trois semaines après que 31 personnes aient été jugées et condamnées à mort pour l'attentat à la voiture piégée qui a coûté la vie à l'ancien procureur général, Hisham Barakat, la justice égyptienne frappe avec la même sévérité. Un tribunal du Caire vient de confirmer 20 peines de morts pour des personnes impliquées dans l’assassinat de policiers lors des événements de "l'incident de Kerdasa" en 2013 dans la province d'Al Gizeh.Le régime d'Abdel Fattah Al Sissi n'a pas encore fini de juger les sympathisants des « frères musulmans ». Un tribunal égyptien a confirmé dimanche la peine de mort pour 20 hommes accusés d'avoir tué des policiers lors des violences qui avaient suivi la destitution de l'ancien président Mohamed Morsi en 2013, ont indiqué des responsables judiciaires. Pouvant faire l'objet d'un appel, ces verdicts concernent 156 personnes seraient impliqués dans l'« incident de Kerdasa», en référence à un quartier pro-« frères musulmans » où des violences survenues dans la province de Gizeh, près du Caire.
Légèrement moins de peines de mort qu'il y a deux ans...
Le même tribunal a également condamné 80 personnes à la prison à vie et 34 personnes à 15 ans de prison. Un mineur a été condamné à 10 ans de prison et 21 personnes ont été acquittées. Malgré la sévérité du jugement, il faudra quand même noter que ceux d'il y a peine deux ans, ont été largement plus lourds. En 2015, un tribunal différent avait condamné 183 personnes à mort, dont 28 par contumace, et un mineur à la prison pour 10 ans pour l'assassinat de 11 policiers. Les avocats de la défense avaient alors interjeté appel pour que la Cour de cassation ordonne un nouveau procès des 156 personnes détenues, comme le permet le système judiciaire du pays.
Ces détenus avaient été arrêtés au lendemain du coup-d 'Etat de l'armée égyptienne, dirigée par le général et actuel président Abdel Fattah al-Sisi, qui a évincé l'ancien président Mohamed Morsi en juillet 2013, après des manifestations de masse contre son pouvoir. L'armée et les forces de polices avaient alors réprimés dans un bain de sang l'organisation des Frères musulmans et ses sympathisants. Des centaines de personnes y avaient laissé leurs vies, des milliers ont été emprisonnés. Démarre ensuite une large opération pour éradiquer l'organisation. La quasi-totalité des cadres de la confrérie islamiste comme de leur parti « Liberté et Justice » ont été emprisonnés et jugés dans divers procès pour lesquels ils encourent la peine de mort. L'ancien président Mohammed Morsi, le guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, ainsi qu'une centaines de « Frères » ont été condamnés à la peine capitale dans des procès de masse expéditifs dénoncés notamment par l'ONU.