Vers une sortie de crise en Libye ? En tout, un vent d'espoir souffle en direction de la région parisienne où Emmanuel Macron va recevoir, ce mardi 25 juillet en présence de Ghassan Salamé, nouvel émissaire libanais des Nations Unies pour la Libye, Fayez Al-Sarraj et Khalifa Khaftar.
Le premier, soutenu par la communauté internationale et l'ONU, est le président du Gouvernement de l'accord national (GNA) basé à Tripoli. Le second, adoubé par la Russie et soutenu par l'Egypte, est le chef des Forces armées du parlement de Tobrouk qui règne sur les terminaux pétroliers de l'est libyen.
Tous deux sont en rivalité pour le contrôle du pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi. Depuis les accords de Skhirat au Maroc en octobre 2015 qui ont permis au pays d'installer le gouvernement Al-Sarraj, plusieurs médiations notamment en Egypte, à Abu Dhabi ont été tentées entre les deux rivaux, sans succès.
Six ans après une intervention militaire décriée de la France sous Nicolas Sarkozy avec mandat de l'ONU, Emmanuel Macron dont la Libye est une des «priorités» va donc tenter de poser les briques de la réparation. Le calcul diplomatique ne manque pas de perspective pour la sécurité française et même européenne. La Libye est dévastée par la guerre en plus d'être un lieu de trafics d'êtres humains parmi les migrants qui y transitent pour rejoindre l'Europe et surtout un nid d'essaimage de jihadistes de Daech.
«L'enjeu est de bâtir un Etat capable de répondre aux besoins fondamentaux des Libyens et doté d'une armée régulière unifiée sous l'autorité du pouvoir civil. C'est une nécessité pour le contrôle du territoire libyen et de ses frontières pour lutter contre les groupes terroristes et les trafics d'armes et de migrants, mais aussi en vue du retour à une vie institutionnelle stable», confesse le communique de l'Elysée.
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La France entend donc réussir là où les diplomaties maghrébine et arabe ont échoué à réunir les deux hommes autour d'une table pour un accord de partage du pouvoir. Le temps presse, surtout avec la libération de Seif Al-Islam, le second fils de Mouammar Kadhafi qui s'est muré dans le silence.
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Les «envies de revanche» et l'entrée en jeu de ce jeune homme de 45 ans dont la popularité monte en flèche pourraient ajouter un troisième homme sur l'échiquier et rendre plus compliquée l'équation du partage du pouvoir. La réapparition de ce nouveau chef suprême des tribus kadhafistes pourrait s'accompagner d'un discours programmé lors d'un lancement d'une chaîne de télévision chargée de porter sa voix. Une nouvelle offre politique capable de rebattre les cartes sur l'avenir de la Libye.
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