La marée jaune a été stoppée nette à un kilomètre de l'aéroport Léon-Mba où Jean Ping venait d'atterrir à 17H (heure locale) de retour d'un séjour dans plus d'une demie douzaine de pays européens.
La longue file de ses partisans, vêtus de tee-shirts jaune à l'effigie de leur champion, a d'abord été interdite d'accès à l'aéroport avant d'être dispersée par les gaz lacrymogènes de la police gabonaise.
Bilan : une dizaine de blessés dont certains présentent « des blessures profondes », selon le camp Ping. « Il n'y a aucun mort, aucun blessé », réplique le ministère de l'Intérieur qui avait démenti, dans la matinée de mardi, la diffusion sur les réseaux sociaux d'un communiqué d'autorisation du rassemblement. Il avait indiqué n'avoir donné son accord à « aucune demande relative à la manifestation projetée ».
En situation de confusion ou en posture de défiance du pouvoir, des centaines de partisans de Jean Ping ont fait le déplacement. Lorsque l'opposant de 74 ans est apparu devant ses partisans, l'hystérie a gagné ceux qui lui avaient érigé une haie d'honneur. Au milieu d'eux, Jean Ping a marché une centaine de mètres avant de s'engouffrer dans sa voiture en direction vers le quartier « Charbonnages » qui abrite son QG.
Loin des rumeurs qui indiquaient qu'il marcherait sur le Palais du bord de mer, le siège de la présidence, pour s'asseoir sur le fauteuil d'un Ali Bongo en vacances au Maroc, c'est depuis ce bâtiment de cinq étages qui abrite son QG au cœur de Libreville, que l'ancien président de la commission de l'Union africaine s'est adressé à ses militants.
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La rhétorique Ping est restée la même avec le maintien de sa contestation de la réélection en août 2016 d'Ali Bongo Ondimba malgré ses recours rejetés. Le rival se considère toujours comme « le président élu du Gabon » et appelle la communauté internationale à organiser une transition pacifique du pouvoir entre lui et son ex-beau-frère.
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Au-delà de la rengaine, Jean Ping réalise un retour en tintamarre au pays qui lui a permis de soupeser sa capacité de mobilisation. En dépit des obstacles des autorités, des centaines de jeunes ont répondu à son appel (préparé depuis des mois). Le signe qu'un mouvement contestataire anti Ali Bongo est en train de se former ou peut-être même que les comptes de la crise post-électorale ne sont pas totalement soldés.
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