Avec 47 listes, le dépouillement des bulletins dans les 14.000 bureaux de vote va relever d’un compte d’apothicaire. Même si le décompte des bulletins s’est poursuivi jusque tard dans la nuit, il faudra attendre le début de l’après-midi de ce lundi 31 juillet pour avoir les résultats d’un scrutin mal-organisé, marqué par des incidents sans précédent. C’est donc dans le suspense et la confusion que les Sénégalais attendent de connaître les 165 visages qui vont les représenter à l’Assemblée nationale à...
Une situation qui vient des dysfonctionnements d'une organisation chaotique de ce scrutin très disputé avec 47 listes ou coalition en lice, une première dans l'histoire politique du Sénégal. Dans certains cas, les opérations de vote ont débuté avec d'importants retards - entre trois et quatre heures pour certains bureaux- quand elles ont pu se tenir. Des électeurs en possession pourtant en possession de leurs cartes biométriques n'ont pas pu voter, leur nom ne figurant pas sur le fichier.
Situation singulière à Touba, une cité religieuse confrérique située à 194 km de la capitale, où le vote a été perturbé. Le scrutin qui n'y a pas débuté qu'à midi en raison de retards, a été prolongé jusqu'à minuit. Mais une partie des électeurs- près de 50.000 personnes- n'a pas pu voter en raison d'un saccage de 80 bureaux de vote.
Signe de l'engouement d'un corps redynamisé de 6,2 millions d'électeurs (contre 5,3 millions pour les législatives de 2012), le taux de participation devrait être la grande surprise de ce scrutin. Selon les premières estimations, ce taux de participation devrait friser les 60%, un record par rapport aux précédentes législatives (36,6%).
Petits partis, candidats indépendants, la surprise des urnes
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Les résultats devraient aussi conforter aussi la percée des petits partis notamment celle de Ndawi Askan Wi (Les fils du peuple) d'Ousmane Sonko, un ancien fonctionnaire dissident. Encore méconnu il y a quelques mois, le Parti de l'Unité et du Rassemblement (PUR), menée par le professeur Issa Sall et affilié à la confrérie tidjane, devrait être la quatrième force politique du pays.
En cavalière seule, Aïssata Sall, ancienne militante du parti socialiste, a tiré son épingle du jeu politique avec sa coalition « Osez l'avenir ». Grand absent de l'hémicycle, le tonitruant Me El Hadj Diouf, autoproclamé « député du peuple », connu pour son bagout, est assuré de perdre son siège.
Une nouvelle configuration politique est en train de se mettre en place au Sénégal, souvent présenté comme une vitrine démocratique en Afrique de l'Ouest. L'hémicycle promet des joutes verbales et politiques sur fonds de jeux d'alliances, une fois le suspense des résultats levé.