Le mouvement de contestation de l'opposition au Togo suit son cours. Convoquée ce mardi 12 septembre 2017, la session extraordinaire des parlementaires togolais a été suspendue et reportée aussitôt démarrée. En rogne contre la hiérarchie de l'Assemblée nationale, les parlementaires de l'opposition ont montré leur indignation vis-à-vis de l'ordre du jour de la session. Celle-ci portait entre autres sur le budget interne du parlement.
Pour les députés de l'opposition, il était «inacceptable» que face à la situation sociopolitique dans le pays, on ne mette pas les questions des réformes constitutionnelles, à l'ordre du jour.
Cédant à la requête de l'opposition, le parlement a suspendu la session et a décidé de son report tout en convoquant une conférence des présidents des groupes parlementaires pour ce 13 septembre 2017.
La conférence prévue ce matin devrait porter sur les exigences de l'opposition. On s'attendait à l'ouverture d'une «longue procédure» pour inscrire à l'ordre du jour les revendications de modifications constitutionnelles portant sur la limitation du mandat présidentiel et le mode de scrutin à deux tours. Celles-ci sont inscrites dans un projet de loi introduit par l'opposition à l'Assemblée, le 29 juin 2016, comme l'a rappelé le président du parlement, Dama Dramani dans son renvoi de la session, ce 12 septembre.
Mais seulement, l'opposition s'est déjà radicalisée ce matin, demandant un abandon du projet de loi introduit pour un retour «pur et simple» à la Constitution de 1992.
Selon lui, le peuple togolais ne demande que la Constitution dans sa «forme originelle», votée lors du référendum de septembre 1992 à plus de 95%. Cette «vieille-nouvelle » revendication risque de compliquer les choses.
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Le gouvernement ayant déjà montré sa voie en adoptant les avant-projets de loi lors d'un conseil des ministres du 5 septembre, on aurait pu s'attendre à une évolution rapide de la situation.
Entre temps, une troisième possibilité a fait surface. Elle provient du compte rendu de la commission de réflexion sur les réformes politiques, institutionnelles et constitutionnelles (CRRPIC) transmis au chef de l'Etat togolais, Faure Gnassingbé, le 8 septembre, et qui fait état des recommandations sur les réformes. «Le dossier rendu est composé d'un rapport sur les auditions et consultations effectuées ; d'un document portant propositions de réformes par voie parlementaire, accompagné aussi d'une note explicative ; d'un document portant projet d'une nouvelle constitution, accompagné aussi d'une note explicative», reprend un communiqué de la CRRPIC, ce 12 septembre 2017.
La suspension et le report de la session extraordinaire du Parlement a eu des échos à l'extérieur du Togo. Attentive à la situation politique du pays, la France a réagi en appelant à la responsabilité et au consensus des acteurs politiques togolais. «La France a suivi avec attention les événements des dernières semaines au Togo. Elle appelle à un esprit de responsabilité et de consensus pour mettre en œuvre la révision constitutionnelle dont le principe est agréé tant par le gouvernement que par l'opposition, en cohérence avec l'accord politique global de 2006», peut-on lire dans un extrait d'un point de presse du Quai d'Orsay, ce 12 septembre 2017.
La France emprunte ainsi une voie similaire à celle des Nations Unies. Suite à une rencontre le 7 septembre dernier avec Faure Gnassingbé et Jean-Pierre Fabre, séparément, Mohamed Ibn Chambas, représentant du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest avait appelé à un travail consensuel.
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Selon lui, le pouvoir et l'opposition sont tous les deux «disposés» à faire évoluer les réformes par le «dialogue et dans un cadre républicain afin de parvenir à un consensus» qui réponde aux aspirations du peuple togolais.
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