A coup sûr, ce sera l'élection présidentielle la plus chère de l'histoire du Kenya. Pour la présidentielle du 8 août dernier, le pays d'Afrique de l'Est avait consacré 49 milliards de shillings (la monnaie kényane), soit 499 millions de dollars pour que les 19 millions d'électeurs puissent se rendre aux urnes.
Avec l'invalidation du vote du 8 août par la Cour Suprême, les électeurs devront à nouveau aller voter. Mais la date du scrutin, initialement fixée au 17 octobre prochain, vient d'être décalée de quelques jours.
Ce décalage avec la date initiale devait en fait être la fin du film. OT-Morpho, sous-traitant chargé de fournir le matériel électoral électronique, avait indiqué que les délais étaient trop étriqués pour que le matériel biométrique de reconnaissance des électeurs et les terminaux de transmission des résultats soient prêts pour le 17 octobre.
Sans toutefois évoquer cette justification, l'IEBC, la commission électorale kényane (Independent Electoral and Boundaries Commission), a sorti un communiqué qui convoque les électeurs de ce pays de 48 millions d'habitants à choisir leur président, le 26 octobre.
La communication de la nouvelle date intervient au lendemain de l'exposé détaillé, particulièrement accablant pour l'IEBC, des motifs de l'invalidation de la présidentielle du 8 août. Et la commission électorale, qui joue sa crédibilité, semble avoir retenu la leçon et vouloir faire un sans-faute.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Dans la foulée de la communication de la nouvelle date, le Cabinet présidentiel annonce par communiqué avoir soumis au Parlement un projet de révision du budget pour prendre en compte l'organisation du nouveau scrutin.
La facture risque d'être lourde pour le pays. Après consultation de la proposition de l'IEBC, le gouvernement estime que 10 milliards de shillings supplémentaires, soit 100 millions de dollars, devront être nécessaires pour organiser une nouvelle élection.
À lire également
On dépasse de loin le demi-milliard de dollars pour la tenue de deux scrutins pour une même élection. Les débats sur la validation du budget sont programmés ce mardi 26 septembre. La séance promet d'être houleuse autour de la facture salée de la présidentielle.
En Côte d’Ivoire, l’économie peut-elle supporter le coup politique ?
A Rabat, l'économie au coeur des échanges entre Mohammed VI et l'Alliance des Etats du Sahel
« Les partenariats conclus avec la France placent le Maroc comme corridor unique entre l’Afrique et l’Europe »
Macron à Rabat ou comment le partenariat France-Maroc peut « inspirer » la coopération Europe-Afrique