Les troupes françaises de Barkhane sont-elles devenues non grata dans la région de Kidal ? En tout cas, dans ce nord-Mali où elle a pris le relais de Serval, l'opération Barkhane fait face à une grogne des Kidalois qui tiennent quasi-quotidiennement depuis ce vendredi 6 octobre des manifestations pour réclamer le départ des troupes françaises de cette région contrôlée par d'anciens rebelles Touaregs.
En mois d'une semaine, entre une cinquantaine et une centaine de personnes sont descendues dans les rues avec des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : «Barkhane dégage !» ou encore «Quittez Kidal !». Qu'est-ce qui provoque donc l'ire des Kidalois au point d'en venir à vouloir le départ des troupes françaises pourtant essentielles à la sécurisation de la région ?
Tout commence le 1er octobre avec une intervention d'éléments de la Force Barkhane, «sur la base de renseignements parfaitement recoupés», précise-t-on au Commandement de la Force, joint par La Tribune Afrique.
«Ceux qui n'avaient rien à se reprocher, mais qui se trouvaient suspectés d'être en relation avec des groupes terroristes, ont été naturellement relâchés. Toute autre explication n'est que pure manipulation».
L'intervention de trop ? Banderoles hostiles aux troupes françaises en main, des Kidalois se sont rassemblés entre le 6 et le 9 octobre devant le camp de la Mission des Nations Unies au Mali (Minusma) de Kidal, qui sert également de siège aux forces de Barkhane, pour dénoncer des atteintes à leur vie privée, voire des brutalités.
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«Nous avons manifesté et nous continuerons à manifester parce que les troupes françaises doivent dégager. Elles sont trop brutales, elles interviennent sans précaution dans des domiciles privés» , avait expliqué à l'AFP, Ali Ag Mahmoud, l'un des organisateurs de la manifestation.
«Concernant les manifestations, elles ont rassemblé sur trois jours entre 50 et 200 personnes indiscutablement manipulées, et cherchant parfois à nous mettre à la faute en poussant des enfants au premier rang le tout filmé par des jeunes aux visages camouflés», réplique le Commandement de Barkhane.
Pour autant, n'est-ce pas Barkhane qui commence à devenir impopulaire dans la région ? «Non !», répond un porte-parole du service de communication. «[...] Barkhane n'est pas impopulaire, mais elle gène une partie nuisible de la population, mais qui arrive encore à instrumentaliser une frange de la population», ajoute-t-on.
Du côté des manifestants, on affiche la détermination des premiers jours à poursuivre le mouvement de protestation anti-Barkhane. Une collaboration des Kidalois avec cette force serait pourtant bénéfique pour la sécurisation de cette région, cible régulière d'attaques visant des soldats français et partenaires mais aussi des civils. Loin de calmer la grogne, la Force Barkhane tente même des projets sociaux pour redorer son image.
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«Nous ne vivons pas déconnectés de la population, des autorités, des chefs coutumiers et religieux, avec qui nous entretenons de bonnes relations», assure le commandement de cette force de 4 000 hommes déployés entre le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Burkina Faso.
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