Drapeaux en berne dans un pays en deuil national pour trois jours ! Dans l'effroi et au milieu des scènes de chaos, la Somalie compte ses morts au lendemain de ce qui est considéré comme l'attentat le plus meurtrier de son histoire.
Au moins 137 personnes ont été tuées et 300 blessées dans l'attentat au camion piégé mené samedi dans le centre de Mogadiscio, la capitale somalienne, a rapporté ce dimanche l'AFP de source policière.
Un premier bilan, établi en confirmation avec des sources médicales ou humanitaires, faisait état de près de 190 morts et plus de 200 blessés -d'autres sources parlent de 300 blessés-. Alors que ce dimanche, pour qualifier cet attentat effroyable, Mohamed Abdullahi Mohamed, le président somalien, n'a pas tergiversé sur l'identité des auteurs :
Ce samedi 14 octobre, au carrefour du quartier fréquenté de Hodan, un camion garé devant un hôtel a explosé. La déflagration qui a eu lieu dans ce quartier qui abrite des bâtiments officiels et des structures de services a provoqué l'incendie de plusieurs véhicules qui ont également provoqué de petites explosions. Les scènes décrites autant que les photos des agences de presse après l'explosion relèvent d'un spectacle de désolation.
Deux heures après ce premier attentat, un autre véhicule a explosé dans le quartier de la Medina. Le souffle de cette deuxième déflagration a fait plusieurs victimes. «Tous les hôpitaux de Mogadiscio sont remplis des victimes de l'explosion. Ce qui s'est passé est une tragédie sans précédent», expliquait Abdukadir Haji Aden, le directeur du principal service ambulancier de Mogadiscio.
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Ces deux attaques, sans précédent, interviennent après l'annonce de la démission surprise du ministre de la Défense et du chef de l'armée du tout nouveau gouvernement central de Mohamed Abdullahi Mohamed. Et même si elles n'ont pas été revendiquées, le gouvernement Mohamed impute sa responsabilité aux Shebabs.
Ce groupe rebelle affilié à al-Qaïda, chassé de Mogadiscio en 2011 après une guerre asymétrique avec les 22 000 militaires de la mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom). Malgré cette bérézina, les Shebabs contrôlent toujours une grande partie du territoire et sont auteurs de plusieurs attaques, notamment dans la capitale contre le nouveau gouvernement.
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Après avoir joué la carte de sa main tendue au groupe rebelle, le président somalien avait fini par muscler son discours face aux Shebabs qui ont juré sa perte. La semaine dernière, il s'est rendu au Soudan sans doute à la recherche de soutiens dans les pays voisins. Avec l'appui technique de soldats du Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom) qui signe son retour, Mohamed Abdullahi Mohamed compte bien en finir avec ces terroristes !
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