Le Rwanda, nouvel eldorado des migrants africains ? L'image est peut-être flatteuse mais le petit pays d'Afrique australe est en train de montrer la voie. Au moment où se multiplient les expressions d'indignation et les réactions de condamnations dans les chancelleries africaines face à la tragédie des migrants africains réduits de force en esclavage, le Rwanda vient de répondre favorablement à un appel à l'aide de l'Union africaine (UA) pour leur rapatriement.
Après la suppression des visas pour les ressortissants des pays africains à compter du 1er janvier 2018, le pays de Paul Kagamé s'est engagé auprès de l'instance politique continentale à recevoir 30.000 migrants africains bloqués en Libye. Kigali s'est aussi proposée pour aider l'Union africaine dans le rapatriement de ces migrants dans leur pays d'origine.
L'engagement rwandais répondait à l'appel lancé quelques heures plus tôt au nom de l'UA par le président de sa commission, le Tchadien Moussa Faki Mahamat. A la tribune du siège de l'organisation continentale, ce dernier avait lancé un appel à l'aide en direction des Etats-membres et de leurs partenaires afin de mettre fin à ce qu'il a qualifié de « crime contre l'Humanité ».
Plus enclins à des réactions diplomatiques comme pour toutes les tragédies qui ont pour théâtre le Continent, les pays africains ont tardé à mettre en place une chaîne de solidarité commune pour juguler la découverte des « marchés d'esclaves » au sein desquels leurs ressortissants sont les « marchandises ». La Côte d'Ivoire a bien entamé depuis 2015, le rapatriement de ses ressortissants mais à titre individuel et dans le cadre du Fonds fiduciaire d'urgence financé par l'Union européenne(UE).
Le Rwanda est donc le premier pays d'Afrique, du reste non concerné par l'horreur libyen, qui s'attaque aussi frontalement au problème depuis la diffusion du reportage de la chaîne américaine CNN qui a illustré un scandale que les organismes des droits humains documentent depuis avril dernier.
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En attendant les premiers éléments de l'enquête de la Commission africaine des droits de l'Homme, sur les « marchés aux esclaves » à laquelle la Libye a accepté de collaborer, la réponse rwandais est peut-être la meilleure réponse provisoire à l'enfer vécu par les migrants africains. La réponse d'une Afrique qui reçoit ses enfants. Reste à leur proposer une alternative au départ vers l'Europe.
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