La main de l'extérieur ! En version courte, c'est la stratégie de défense d'Idriss Deby face aux accusations de corruption de la justice amércaine. Après le tollé médiatique, la réponse présidentielle du numéro un tchadien s'est fait attendre, Madeleine Alingué, la porte-parole du gouvernement, ayant occupé l'espace public et médiatique pour défendre le locataire du Palais Rose de N'Djamena.
Idriss Deby a pris le relais pour répondre des accusations qui entachent son traditionnel boubou blanc. Dans une intervention retransmise par la télévision, le président tchadien a apporté un démenti formel aux allégations de pots-de-vin qu'il aurait reçu par l'entremise de Cheikh Tidiane Gadio, de la société CEFC China Energy, basée à Shanghai et dirigée par Ye Jianming.
Selon un document de 54 pages de la justice américaine, l'ancien chef de la diplomatie sénégalaise aurait remis 2 millions de dollars au président tchadien pour faciliter l'obtention d'une concession à la société pétrolière chinoise.
« De toutes les entreprises qui ont travaillé au Tchad ou de tous nos partenaires qui ont travaillé au Tchad, qui peut me reprocher de m'avoir donné un jour un seul dollar ? », interroge même le locataire du Palais Rose. Pour Idriss Deby, cette affaire que son gouvernement dénonce depuis le début comme une cabale contre son président, s'inscrit dans le cadre d'une entreprise de « déstabilisation » de son pays.
A l'analyse, quelles forces peuvent bien vouloir déstabiliser ce vaste pays d'Afrique centrale? Dans tous les cas, le pays qui joue le sicaire contre Boko Haram et contre le terrorisme dans la région, ne peut plus convoquer la lointaine menace venue de la Libye avec la guerre 1978-1987 avec l'envahisseur libyen.
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Les déstabilisateurs du Tchad pourraient peut-être se trouver à Washington. A couteaux tirés avec Washington sur la question de la collaboration à la lutte contre le terrorisme, Idriss Deby pourrait faire les frais de son « conflit » avec Donald Trump qui a retiré aux ressortissants tchadiens, le droit d'entrer aux Etats-Unis. Dans le cadre d'une guerre froide économique avec la Chine, l'Administration du 45ème président des Etats-Unis a-t-elle déclenché cette affaire ? La question reste entière.
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Une autre hypothèse est encore plus plausible. Pris entre le feu des accusations accablantes et un front social tendu, l'homme à la canne jouerait donc la carte de la main invisible extérieure pour calmer le front intérieur. Un calcul démagogique pour un président en manque de contre-arguments.
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