Le nouveau président de l'ANC, Cyril Ramaphosa, élu à la tête du parti au pouvoir en promettant d'insuffler une nouvelle dynamique à une économie en déclin, tout en s'engageant à lutter contre la corruption et à redonner confiance aux investisseurs, vient de dévoiler une partie de sa feuille de route lors d'un discours prononcé à l'occasion du 106e anniversaire de la création du Congrès national africain.
«Nous sommes résolus dans notre engagement en cette année où nous construisons notre mouvement et redressons l'économie sud-africaine. Notre vision est une économie qui encourage et accueille les investissements, offre une stabilité politique et écarte les obstacles qui entravent la croissance et l'inclusion sociale», a déclaré Ramaphosa . Contrairement aux pronostics, le nouveau patron de l'ANC n'a fait aucune référence à une éventuelle reprise anticipée de pouvoir des mains de Jacob Zuma.
Ramaphosa s'est toutefois engagé à ce que «la nouvelle direction de l'ANC fasse les choses différemment». La nouvelle équipe a ainsi inscrit dans son programme le renforcement des efforts pour lutter contre les inégalités raciales, la modernisation et l'introduction de changements structurels dans les secteurs minier, manufacturier, agricole ou encore financier.
L'ANC compte également assurer le rôle «d'interface sociale» entre le gouvernement, les salariés, le patronat, et les communautés de manière à relancer la croissance économique, créer des emplois et accélérer la transformation.
Ce programme économique, qui pourrait certainement faire figure de programme électoral des prochaines élections de 2019, promet également l'accès gratuit à l'enseignement supérieur aux enfants de ménages dont le revenu ne dépasse guère les 350 000 rands par an (28 000 dollars). Le secteur financier devrait connaître une nouvelle approche en termes de réglementation et d'octroi de licences de manière à assurer une concurrence loyale. Le rôle, le mandat et l'indépendance de la Banque centrale par rapport à l'Exécutif devraient être renforcés.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

L'ANC s'est également engagé à poursuivre l'expropriation des terres et de renforcer l'agriculture. Présent lors de l'événement, Jacob Zuma a été hué à son arrivée par les militants de l'ANC. Son remplaçant à la tête du parti s'est par ailleurs félicité de la création d'une commission d'enquête anti-corruption par la présidence tout en rappelant que «les défis dans les entreprises d'Etat ont été exacerbés par de mauvaises pratiques. Résultat des comptes, la gouvernance de ces entreprises publiques a été sévèrement affaiblie».
À lire également
Ramaphosa a également promis d'apporter son soutien pour que les enquêtes et les poursuites engagées contre les responsables de corruption soient la priorité du parti et du gouvernement. Des promesses qui s'inscrivent dans un environnement économique mouvementé. En témoigne la projection de croissance de la Banque centrale qui se situe à 1,2% pour 2018, après la récession enregistrée en 2017.
En Côte d’Ivoire, l’économie peut-elle supporter le coup politique ?
A Rabat, l'économie au coeur des échanges entre Mohammed VI et l'Alliance des Etats du Sahel
« Les partenariats conclus avec la France placent le Maroc comme corridor unique entre l’Afrique et l’Europe »
Macron à Rabat ou comment le partenariat France-Maroc peut « inspirer » la coopération Europe-Afrique