On aurait pu inscrire cette visite dans le cadre de ces déplacements de Premiers ministres qui s'échangent des visites de courtoisie. Mais au-delà de l'appellation «visite d'amitié et de travail», Soumeylou Boubèye Maïga semble avoir emmené dans ses valises, un projet transfrontalier à son hôte du Burkina Faso, Paul Kaba Thiéba.
Arrivé en début de matinée dans la capitale burkinabè, Soumeylou Boubèye Maïga et sa forte délégation ont eu de longues séances techniques de travail avec le gouvernement burkinabé. Ouagadougou comme Bamako entendent fortifier leur coopération sécuritaire dans la lutte contre le terrorisme aux frontières souvent poreuses des deux voisins où pullulent les groupes terroristes pour ensuite frapper dans les villes.
Premier acte cette mesure forte, les sécurocrates de part et d'autre de la frontière vont désormais échanger directement leurs informations afin de contrer, en amont, les objectifs des groupes terroristes. A terme, l'objectif de cette coopération transfrontalière est de faire de l'axe Bamako-Ouagadougou, une sorte de « QG » sous-régionale d'où partira une riposte militaire et sécuritaire concertée à apporter aux terroristes de tout poil.
La création d'une dynamique de task-force antiterroriste n'est pas le seul argument de Paul Thiéba Kaba et de son hôte Soumeylou Boubèye Maïga. Le Mali et le Burkina veulent contrer le terrorisme en créant une Zone économique spéciale (ZES) tripartite et intégrée afin, répètent-ils presque en chœur, « pour offrir plus d'opportunités à nos opérateurs économiques, ainsi qu'à nos entreprises ».
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Et par un effet de ruissellement, nourrir les échanges commerciaux qui vont créer de l'activité économique et de l'emploi, pour contrer le terrorisme qui se nourrit de la pauvreté. Idée phare d'une vivification de l'activité économique, cette ZES sera implantée à la frontière commune, entre Sikasso (au Mali), Bobo-Dioulasso (au Burkina) et Korhogo (en Côte d'Ivoire).
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« (...) la réponse au terrorisme est aussi une lutte contre les inégalités et l'injustice », ajoute-il. Et l'axe Bamako-Ouagadougou devra en être un des maillons forts. Dont acte !
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