Soudan : pour la paix, les rivaux se partagent le pouvoir

Sud-Soudan
Reuters
Comme en 2015, les deux hommes ont à nouveau paraphé un document de partage du pouvoir. Ce 5 août à Khartoum, Salva Kiir et Riek Machar ont entériné l'accord que de longs mois de négociations a permis de mettre sur pied. Après le cessez-le-feu et le retrait des troupes, l'accord «préliminaire» signé par les deux hommes fin juillet a laissé place à un accord semi-définitif.
Sous l'œil d'Omar El Bechir du Soudan, Uhuru Kenyatta du Kenya, Ismail Omar Guelleh de Djibouti et de Yoweri Kaguta Museveni, tous présents à la cérémonie de signature, des négociations devraient se prolonger pour une application de l'accord de partage du pouvoir devant conduire à l'effectivité de la paix. Maroquins ministériels et sièges de députés composent le curieux partage pour faire revenir la paix.
Dans le détail, Riek Machar, le chef des rebelles va retrouver son poste de vice-président au sein d'un gouvernement d'union nationale de 35 ministres dont une vingtaine de portefeuille devrait revenir à l'entourage de Salva Kiir. Le partage concerne aussi les 550 sièges du parlement : 332 sièges à Salva Kiir et 128 à Riek Machar. Curieuse manière de ramener la paix dans cette république pétrolifère !
Et pourtant l'accord, parrainé par les Etats-Unis et Khartoum, est applaudi par la communauté internationale et la communauté sous-régionale des voisins du Soudan. Pendant 36 mois, le pays sera gouverné par ce gouvernement d'ennemis d'hier, le temps de réunir les conditions pour tenir les premières élections dans le plus jeune Etat d'Afrique. Et c'est là que le nœud du problème se trouve.
A la tête de l'exécutif Sud-soudanais, la rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar a mené à des affrontements à la suite d'un coup d'Etat manqué du chef rebelle contre le président. Riek Machar a dû quitter le pays après des affrontements meurtriers mais ses troupes continuaient de maintenir la pression sur les soldats. Depuis plusieurs tentatives d'éteindre le conflit ont lieu mais elles n'auront tenu que quelques mois.
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Rebelote donc avec ce nouvel accord arraché presque au forceps. Le risque d'une répétition du même scénario de l'échec de pourparlers escorte donc les pourparlers qui devraient conduire à la paix définitive et permettre une nouvelle exploitation régulière du pétrole et donc d'une relance économique de ce pays miné par une crise humanitaire sans précédent.
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A la croisée des intérêts économiques et d'une querelle de leadership au sommet de l'Etat, l'espoir d'un retour à la paix définitive est sur toutes les lèvres. Toute la question sera de savoir si Salva Kiir et Riek Machar vont faire taire leur égo... au profit de la paix.
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