Zimbabwe : bataille sur la validation des résultats de la présidentielle

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«C'est maintenant au tribunal de trancher». Lorsqu'il sort des bureaux de la Cour constitutionnelle, Paul Mangwana, le secrétaire de la ZANU-PF pour les Affaires juridiques, sait qu'il vient de donner le La d'une bataille de prétoires qui promet d'être rude. Après la requête en contestation du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) la semaine dernière, le parti au pouvoir a décidé de riposter en contestant la procédure initiée par le parti de l'opposant Nelson Chamisa.
«Nous avons déposé avec succès nos dossiers d'opposition à cette demande, ce qui, selon nous, n'est qu'une perte de temps, mais les tribunaux doivent décider. L'étape suivante consistera pour le MDC à déposer une déclaration sous serment et à attendre les auditions. Notre équipe de juristes est prête à rencontrer le MDC devant les tribunaux», a expliqué Paul Mangwana.
Sans doute très occupée à se plancher sur la requête du MDC, la Cour constitutionnelle devrait donc évacuer une double procédure concernant les résultats de la présidentielle du 30 juillet 2018, officiellement remportée par Emmerson Mnangagwa avec 50,8% contre 44,3% des suffrages pour Nelson Chamisa, selon la commission électorale du pays. Mais rien n'est gagné d'avance pour les deux parties.
Face à une opposition qui rêve d'un scénario à la kényane lorsque les hommes de loi ont annulé les résultats de la présidentielle de 2017, les juges de la Cour constitutionnelle du Zimbabwe disposent désormais de dix jours pour trancher le litige électoral autour des résultats. Le MDC qui dénonce une «fraude de mammouth», dont il dit détenir les preuves à présenter devant les juges, s'oppose à la Zanu-PF qui conteste le fait qui dénie même au parti d'opposition sa requête.
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La bataille juridique, suivie à la loupe par la communauté sous-régionale et internationale, fera date dans les annales de la politique au Zimbabwe. Luke Malaba, juge en chef de cette Cour, et les «Sages» qui l'assistent devront dire dans les jours suivants si les résultats contestés seront entérinés ou s'ils vont enjoindre la ZEC, la commission électorale, d'organiser une présidentielle bis repetita. Au marteau du juge est accrochée la réponse.
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