Algérie : sur fond de heurts, la colère de la rue contre le cinquième mandat de Bouteflika

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Reuters

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«Pas de cinquième mandat», «Ni Bouteflika, ni Saïd». Le mot d'ordre est clair pour un mouvement qui s'est voulu spontané, à l'abri des tentatives de récupération politique de l'opposition. Ce vendredi 22 février, lorsqu'ils sont venus scander leurs mots d'ordre de protestations, les milliers de personnes qui sont sorties dans les rues d'Alger ont fait passer le message : non à la candidature à un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika !
Drapeaux algériens en main, pancartes de fortune, les manifestants ont pris d'assaut le centre-ville d'Alger tout de suite après la grande prière du vendredi. Bravant l'interdiction de manifester dans le centre-ville, en vigueur depuis 2001, les manifestants ont répondu à plusieurs appels lancés sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux ou via des messages partagés entre les citoyens.
A Oran, Béjaïa, Tiaret, Relizane, Annaba (nord-est) et même Tizi Ouzou ou encore à Ouargla, des marches similaires ont eu lieu donnant l'ampleur de ce qui revêt les traits d'une manifestation générale. A Alger ce vendredi, la police antiémeute, présente dès la formation des groupes de manifestants devant la Grande Poste, n'est intervenue que lorsqu'une partie des groupes a tenté de se diriger vers le Palais présidentiel.
Des heurts ont éclaté lorsque la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les manifestants qui ont répliqué par des jets de pierre et autres projectiles. On ne signale encore aucun blessé dans ces échauffourées. Ce samedi, le calme est revenu pour laisser place à une importante présence policière aussi bien au sol que dans les airs.
Mais le message de colère de la rue algéroise et ailleurs est passé. C'est une réponse négative à la lettre du 10 février dernier dans laquelle, le président algérien avait annoncé son intention de briguer un cinquième mandat à la tête de l'Algérie qu'il dirige depuis 1999. Les manifestations visaient aussi nommément Saïd Bouteflika, le frère du président algérien, souvent accusé d'accaparer le pouvoir en prenant en otage le président, frappé par un AVC en 2013.
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Et pourtant, derrière les revendications principales, c'est la crainte d'une présidence à vie qui l'emporte. A 81 ans, Abdelaziz Bouteflika, sur fauteuil roulant depuis 2013, ne gouvernait plus que par quelques rares apparitions publiques, sans se prononcer de vive voix. Son régime n'a survécu aux printemps arabes qu'en maintenant un semblant de calme sur le front social malgré la baisse des cours du pétrole. L'on redoute que ce cinquième mandat soit une porte ouverte vers un maintien au pouvoir d'un président que l'on dit alité et affaibli.
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«Bien sûr, je n'ai plus les mêmes forces physiques qu'avant (...) mais la volonté inébranlable de servir la Patrie ne m'a jamais quitté et elle me permet de transcender les contraintes liées aux ennuis de santé», reconnait Abdelaziz Bouteflika dans sa lettre du 10 février, sorte de programme avant la campagne. Le chef de l'Etat algérien devait se rendre en Suisse pour des examens médicaux complémentaires. Dans le pays, l'on s'attend à une réponse du président sur la colère de la rue. Un message en direction d'un Palais bien souvent muet !
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