Burundi : pour les élections de 2020, les burundais devront mettre la main à la poche
Sylvain Vidzraku

Pierre Nkurunziza Burundi
Reuters
Sylvain Vidzraku

Pierre Nkurunziza Burundi
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Alors qu'il avait appelé début juillet 2018 à une indépendance financière de son pays vis-à-vis des bailleurs de fonds traditionnels, avec qui son régime entretient des relations très tendues dont l'Union européenne, les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux, Pierre Nkurunziza veut tout faire pour limiter leur pression sur son régime.
Si ceux-ci autrefois finançaient grandement les élections au Burundi, pour les élections prévues pour 2020, le scénario sera différent alors que le gouvernement a décidé de faire financer les scrutins par sa population.
Bujumbura a bien élaboré son plan pour parvenir à réussir son projet. Dans une lettre du ministre burundais de l'intérieur, Pascal Barandagiye à tous les gouverneurs du pays et citée par l'AFP cette fin de semaine, le gouvernement va instaurer un « système de compétition intercommunale » pour désigner la commune qui récoltera le plus de contribution.
Cette stratégie utilisée par les autorités burundaises s'explique par la volonté de Bujumbura de tout faire pour réussir à relever le défi d'organiser les élections sur fonds propres. D'après une source citée par L'AFP sous couvert d'anonymat, le gouvernement veut « mettre les bouchées doubles afin de boucler » le budget d'organisation de ces élections générales prévues pour l'an prochain dont 70% ont déjà été réuni selon le chef de l'Etat burundais, Pierre Nkurunziza.
Dans ses indications pour ces contributions, le gouvernement burundais a parlé d'actions « volontaires ». Mais difficile d'y croire alors que des abus sont déjà dénoncés de part et d'autres dans les collectes de fonds alors que le gouvernement a fixé les montants à payer en fonction des catégories de population.
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Entre autres, on dénonce dans certaines communes, la privation du droit aux services publics de base (documents officiels, soins médicaux, gratuité de l'accouchement ...) imposée à ceux qui n'auraient pas présenté leur quittance de contribution aux élections générales. Ailleurs, les élèves qui seront en âge de voter en 2020 seraient régulièrement privés de suivre les cours tant qu'ils n'ont pas payé leurs contributions. Une situation que le plaidoyer du ministre burundais de l'éducation, Janvière Ndirahisha début février dernier, qui a appelé à cesser cette manœuvre contre les élèves, n'a pu changer.
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Dans le pays, des voix s'élèvent déjà contre cette compétition instituée par le gouvernement. L'Olucome, la principale organisation de lutte contre la corruption au Burundi, s'est affichée en défaveur de cette disposition, exprimant son regret que le gouvernement soit obligé de prendre l'argent des Burundais « alors qu'ils sont déjà si pauvres ».
Sylvain Vidzraku
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