Un communiqué lu à la RTNC suivi des explications de son directeur de cabinet, Vital Kamerhe. La mesure que vient de prendre Félix Tshisekedi est hautement symbolique puisqu'elle est à la concrétisation d'une promesse faite durant sa campagne, lors de son investiture et dix jours auparavant dans un discours. En droite ligne de son Programme d'urgence pour ses 100 premiers jours à la tête de la RDC, le président congolais a signé, ce 13 mars, les ordonnances pour acter la libération de quelques 700 prisonniers politiques ou d'opinion.
La mesure concerne toutes les personnes arrêtées lors des manifestations entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2018. Une période qui recouvre les premières protestations contre un prolongement du second mandat de Joseph Kabila, la période appelée « glissement». Cette grâce présidentielle ne concerne pas les prisonniers incarcérés dans le cas du dossier de l'assassinat de Laurent Désiré Kabila, le père du chef de l'Etat sortant, selon un média local
Par ailleurs, le cas de trois prisonniers était attendu. Condamnés à mort en 2010 pour Firmin Yangambi et en 2016 pour Franck Diongo sont repartis libres de la Prison de Makala. Eugène Diomi Ndongala ne devrait lui bénéficier que d'une remise en liberté provisoire soumis à la signature Alexis Thambwe Mwamba, le ministre de la Justice sortant. Les trois figuraient déjà sur la liste des prisonniers dont l'opposition exigeait la libération lors des négociations de l'Accord de la Saint-Sylvestre.
Dans le détail, Joseph Olenghankoy, le président du Conseil de suivi de cet accord (CNSA) qui a participé à l'établissement des listes de prisonniers à libérer, indiquait déjà le nom des trois opposants. La grâce accordée par Félix Tshisekedi concerne aussi certains prisonniers détenus par la très redoutée Agence nationale de renseignements (ANR, services de renseignements) et d'autres déjà graciés sans être libérés.
Dans la foulée de cette grâce annoncée, Félix Tshisekedi a pris des sanctions à titre de «première action contre l'impunité», selon le commentaire de Vital Kamerhe. Lumeya Dhu Maleghi, ministre de l'environnement et affaires foncières a été suspendu et placé sous enquête pour plusieurs arrêtés de lotissements ou d'expropriations illégaux. «Le président de la République m'a chargé d'instruire au premier ministre de procéder à la suspension de l'intéressé et de requérir du Procureur général de la République l'ouverture d'une procédure judiciaire à charge», précise Vital Kamerhe.
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La suspension se prolonge vers trois dirigeants d'entités publiques. Oscar Manikindu, le directeur général de l'Autorité de Régulation des Postes et Télécoms (ARPTC), Daniel Mukoko Samba, le directeur général de la Société commerciale des transports et des ports (SCTP, Ex - ONATRA) et son adjoint sont mis à pied. Le premier pour « insubordination» et les deux derniers pour «mauvaise gestion».
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