Mauritanie : à l’approche de la présidentielle, l’opposition récuse la commission électorale
Aboubacar Yacouba Barma

Mauritanie opposition
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Aboubacar Yacouba Barma

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Le processus électoral pour l'élection présidentielle en Mauritanie sera tout sauf «consensuel et transparent», à en croire l'opposition politique. Dans un point de presse qu'ils ont animé mercredi 27 mars à Nouakchott, les principaux leaders de l'Alliance électorale de l'opposition démocratique ont dénoncé la Commission électorale nationale indépendante (CENI). La coalition constituée de 13 partis politiques de l'opposition estime que les membres de cette commission en charge de l'organisation du scrutin sont largement «favorables au candidat du pouvoir», le général Mohamed Ould Ghazouani, candidat de l'UPR et dauphin adoubé par le président Mohamed Ould Abdelaziz pour la présidentielle de 2019.
«A l'exception d'un seul, l'ensemble des membres de cette commission appartiennent à des formations politiques qui ont déjà exprimé leur soutien à Ould Ghazouani», a déclaré le chef de file du Forum national pour le développement et l'unité (FNDU) Mohamed Ould Maouloud, qui est également président de l'Union des forces du progrès (UFP).
Pour l'Alliance démocratique de l'opposition, la CENI dans sa constitution actuelle est donc «totalement impartiale et non paritaire». Selon son président, la coalition avait déjà saisi le ministre de l'Intérieur pour lui faire part de ses griefs et revendiqué la recomposition de la CENI. Toutefois, l'autorité de tutelle a rétorqué que les textes en vigueur n'offrent pas cette possibilité, puisque la loi électorale interdit toute modification des règles du jeu électoral, notamment la recomposition de la commission, à la veille du scrutin. Pour Mohamed Ould Maouloud, c'est plutôt «une manœuvre dilatoire visant à gagner du temps jusqu'à l'expiration du délai limite de convocation du collège électoral, fixé au 16 avril prochain».
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Installée en avril dernier, la CENI a fait depuis l'objet de critiques de la part des partis de l'opposition, dont la majorité a d'ailleurs boycotté le processus, notamment le dialogue inclusif initié depuis 2016 par le gouvernement. L'opposition réclame entres autres une révision du fichier électoral, l'autorisation des observateurs internationaux et la recomposition de la CENI. Des revendications que le gouvernement n'est pas prêt d'accepter d'autant que dispersée, l'opposition peine à faire entendre sa voix et à faire pression sur le régime. A l'approche du scrutin prévu entre juin et juillet prochains, l'opposition n'est toujours pas parvenue à désigner un candidat unique. Plusieurs formations, notamment le parti Tawassoul -pourtant membre du FNDU- des islamistes a annoncé qu'il soutiendra un candidat indépendant, alors que le militant anti-esclavagiste Biram Dah Abeid, s'est lui aussi déjà déclaré candidat à l'élection présidentielle.
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