Législatives 2019 : La Guinée Bissau toujours sans Premier ministre

Domingos Simões Pereira
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Plus de deux mois après les législatives, l'installation des 102 députés le 18 avril dernier, n'a pas accéléré la nomination du Premier ministre. Pis, elle a déclenché les débuts d'une crise institutionnelle qui risque de paralyser à nouveau le pays. Tout de suite après leur installation, les députés ont désigné Cipriano Cassamà, issu du parti majoritaire, et Nuno Nabian, un de ses alliés, respectivement au poste de Président et vice-président de l'Assemblée nationale populaire.
En revanche, le PAIGC, majoritaire dans l'hémicycle, a rejeté la candidature au poste de deuxième vice-président de Braima Camara, le chef du MADEM-G15, un groupe dissident, devenu depuis les dernières élections, la deuxième force politique du pays et la première force d'opposition. En représailles, le MADEM, à qui revenait ce poste, se braque et refuse de proposer un autre nom. Déclaration contre déclaration, les antagonismes politiques ont pris la tournure d'une bataille politique entre le PAIGC et le MADEM-G15.
«Notre décision de maintenir le nom de Braima Camara ne se négocie pas. Nous enverrons son nom chaque fois qu'il est rejeté, jusqu'à ce que le PAIGC l'accepte», a répliqué Umaro Sissoco Embalo, le vice-président du MADEM au micro de l'AFP. Le parti d'opposition n'exclut pas d'avoir recours aux tribunaux pour tenter d'imposer son choix. En face, Califa Seidi, le chef du groupe parlementaire PAIGC s'est empressé de répondre. «Braima n'est pas la seule personnalité du MADEM indispensable à ce poste. Le parti peut proposer un autre pour mettre fin à la crise». La formation du Bureau de l'Assemblée nationale s'en trouve bloquée.
En signe de lassitude face aux conciliabules qui piétinent, Cipriano Cassamá, a fini par transmettre à José Mario Vaz, le président de la République, une liste incomplète du bureau de son institution. Sur le document, la case réservée au poste de deuxième vice-président est restée vide. Une épine aux pieds de José Mario Vaz, le président de la République qui devait désigner Domingos Simões Pereira, le chef du parti majoritaire au poste Premier ministre.
Plus de deux mois après des législatives remportées par le PAIGC, ce dernier, non encore investi, n'est encore entré en possession des bureaux de la primature dans ce régime parlementaire fort où le Premier ministre est une des figures centrales. José Mario Vaz a bien entamé des consultations avec les six formations politiques et le Conseil d'Etat mais il ne peut nommer un Premier ministre sans bureau complet à l'Assemblée nationale. Hors des frontières, la situation inquiète et embarrasse la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
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Ces dernières semaines, l'organisation a multiplié les missions de bons offices pour tenter d'aplanir les différends. Début mai, au terme d'une mission de haut-niveau, la CEDEAO a appelé à la formation «urgente» d'un gouvernement consécutif à la formation d'un gouvernement. «L'impasse parlementaire doit être résolue politiquement et non juridiquement», a déclaré Geoffrey Onyeama, le chef de la diplomatie nigériane, désigné chef de la mission de la CEDEAO. «Le nouveau gouvernement devrait entrer en fonction le plus tôt possible afin de sortir le pays de cette situation», complète le diplomate.
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Jean-Claude Brou, le président de la Commission de la CEDEAO, également membre de la mission qui a rencontré les personnalités de l'Etat, est du même avis. Pour lui, les divergences politiques «doivent trouver des solutions à travers un dialogue franc et constructif entre les acteurs». Le temps presse entre l'urgence de se conformer à la Constitution et l'impatience des acteurs politiques. L'on s'approche dangereusement des canaux de la crise politique de 2015 qui avait plongé le pays dans l'impasse.
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