Procès des « intouchables » : en Algérie, Said Bouteflika et sa « bande » condamnés

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Reuters

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Un procès éclair ! Deux jours après l'ouverture du procès, le juge du tribunal militaire de Blida est conforté dans son intime conviction: Saïd Bouteflika, Mohamed Mediène, Athmane Tartag et Louisa Hanoune sont coupables des griefs qui leur sont reprochés depuis la confirmation des charges en mai dernier. Le verdict tombe tel un couperet, mais les peines prononcées ne sont pas les mêmes pour tous les co-accusés. Ancien conseiller de son présidentiel frère, Saïd Bouteflika écope de 15 ans de prison pour « complot contre l'Etat » et « atteinte à l'autorité de l'armée ».
Mohamed Mediène et
Athmane Tartag vont purger la même peine. Peu avant l'idée de la démission d'Abdelaziz Bouteflika qu'il faisait prospérer, le patron de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, avait fait une sortie médiatique remarquée. Il
y évoquait des réunions secrètes entre hautes personnalités - qualifiées de « bande »- qui visaient à mettre sur pied un « complot » en vue de préparer une transition en dehors de ce que prévoit la loi. Des accusations qui ont fait le lit de l'arrestation spectaculaire du frère de Bouteflika et des deux sécurocrates.Secrétaire général du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune est députée et cheffe du premier parti d'opposition. Arrêtée en mai dernier alors qu'elle n'avait pas apporté de soutien explicite au président déchu, son arrestation a des forts relents de « procès politique » contre celle qui est emprisonnée « pour ses positions et activités politiques », comme l'écrit le Collectif composé de partis politiques, à la veille de son procès. Elle a finalement écopé de 15 ans de prison.
Dans le cadre de la même affaire, Khaled Nezzar, ex-ministre de la Défense, Lotfi Nezzar, son fils, Belhamdine Farid, président de la Société algérienne de pharmacie, ont été condamnés par contumace à 20 ans de prison ferme. Les trois hommes sont en fuite à l'étranger. En août dernier, un mandat d'arrêt international avait été émis pour leur extradition vers l'Algérie.
Le procès de la bande rappelle cette vaste traque des dirigeants de l'ancien régime que le général Ahmed Gaïd Salah a lancé depuis la chute d'Abdelaziz Bouteflika. Des milieux économiques à l'appareil sécuritaire, le nouvel homme fort de l'Algérie a engagé un soft bras de fer avec la rue qui réclame le départ de toute personnalité affiliée au règne presque trentenaire du président démissionnaire. Sa stratégie d'organiser avec célérité une présidentielle pour trouver un successeur à Abdelaziz Bouteflika est vue comme une manière d'offrir une seconde vie au système sans en changer les structures profondes.
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Au-delà, cette condamnation de la « bande » de Saïd Bouteflika peut être vue comme un signal envoyé non seulement à l'armée, mais aussi à la classe politique qu'il aura voix au chapitre dans le tournant démocratique. L'arrestation ou la condamnation comme un moyen d'écarter des concurrents est aussi un bon avertissement aux autres personnalités incarcérées qui attendent de savoir le sort qui leur est réservé.
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