Où en est Rocambole, le Netflix de la série littéraire ?
Gaëlle Cloarec
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Outre-Atlantique, le marché des applications de lecture monte en puissance. En attestent les levées de fonds réalisées dernièrement par les start-ups américaines spécialistes du sujet Radish et Serial Box, qui se sont respectivement financées à hauteur de 60 et 10 millions de dollars. Certes, au pays du billet vert, les montants poussent hauts, vites et forts. Ils n'en constituent pas moins un "signal positif très intéressant", relève François Delporte, cofondateur de la jeune pousse Rocambole. Laquelle se laisse entre 12 et 18 mois pour aller elle aussi chercher une série A, après avoir conclu cet été un premier tour de table de 350 000 euros auprès d'un pool d'investisseurs indépendants dont les business angels du réseau WeLikeAngels.
Née en juin 2019, Rocambole produit et édite des séries littéraires inédites et originales délivrées sous forme d'épisodes de 5 minutes de lecture chacun. L'idée ? Redonner le goût de lire en collant aux nouveaux usages digitaux au travers de contenus structurés de façon courte, disponibles sur smartphone ou tablette, afin de s'insérer facilement dans le quotidien des utilisateurs. Lesquels sont aujourd'hui 15 000, revendique l'entreprise, dont 550 abonnés ayant accès à l'ensemble du catalogue. Soit, une soixantaine de séries littéraires de fiction exclusives, tout genre confondu, produites et enrichies par une quarantaine d'auteurs.
"L'objectif de cette première levée de fonds est de nous faire franchir le cap des 5 000 abonnés", explique le dirigeant de la jeune pousse avignonnaise de 10 personnes, incubée par Station F et accompagnée par le Réseau Entreprendre et Bpifrance. La gratuité de l'application durant le confinement, ajoutée à la diffusion de quelques-unes des séries, à raison d'un épisode par jour, sur les supports numériques de 20 minutes et Néon magazine, lui ont permis d'acquérir une première audience. "Le challenge désormais consiste à se faire connaître du grand public". Et ce, en mettant en route une stratégie de communication à large spectre qui passe par une présence amplifiée de l'offre Rocambole sur les réseaux sociaux, un appel aux influenceurs ou encore la mise en place d'une brique parrainage et de campagnes de street marketing avec, "un peu à l'image des crieurs de rue du XIXe siècle, la distribution de gazettes en format papier reprenant un de nos thrillers". Il s'agira enfin de creuser le segment BtoBtoC en travaillant avec les mairies, les acteurs du transport, l'éducation nationale, les associations de patients, notamment "pour les post-opérés qui n'ont parfois que leur smartphone pour s'occuper".
Gaëlle Cloarec