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Politique - La Tribune Afrique

Présidentielles au Niger: la vague rose n'a pas eu lieu, Mohammed Bazoum se retrouve face à Mahamane Ousmane au second tour

Marie-France Réveillard, envoyée spéciale à Niamey

Publié le 03 janvier 2021 à 06:41 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 03:26

Mohammed Bazoum Niger

Mohamed Bazoum, dans le bureau de vote à l'hôtel de ville de Niamey, le 27 décembre 2020/

DR.

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Il n'y aura donc pas de coup K.O pour le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Tarraya). Mohamed Bazoum, le dauphin de Mahamadou Issoufou arrivé en tête du scrutin avec 39,33% des suffrages affrontera Mahamane Ousmane, le candidat du Renouveau démocratique et républicain (RDR-Tchandji) qui a obtenu 16,99% des voix, au second tour des présidentielles. La course aux alliances est lancée...

Toute la semaine les Nigériens ont été suspendus aux résultats des élections présidentielles et législatives. Attendus dès le vendredi 1er janvier, c'est finalement dans la matinée du samedi 2 janvier, aux environs de 10 heures du matin qu'Issaka Souna, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé les résultats provisoires, retransmis en direct sur la télévision nationale. Si le candidat du PNDS arrive largement en tête du scrutin avec 39,33% (soit 1 879 543 voix), devant Mahamane Ousmane qui obtient 16,99% (811 838 voix), Seini Oumarou du Mouvement national pour la société de développement (MNSD-Nassara) avec 8,95% (soit 427 623 voix) et Albade Abouba du MPR-Jamhuryia avec 7,07% des suffrages (avec 337 866 voix), il s'agit de résultats en demi-teinte pour celui qui était présenté comme le grand favori du scrutin présidentiel et qui comptait bien dépasser les 40% à défaut d'un « coup K.O » espéré par ses militants.

La déception a traversé les rangs des partisans du PNDS, car Mohamed Bazoum avait déployé les grands moyens dans le cadre d'une campagne menée tambour battant à travers tout le territoire (contrairement à ses opposants qui n'étaient partis que très tardivement en campagne électorale). Parallèlement, l'invalidation de la candidature du puissant Hama Amadou (ancien Premier ministre et président du Parlement arrivé en deuxième position en 2016) par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) le 13 novembre dernier, laissait présager une plus large avance au PNDS, mais la vague rose annoncée n'a pas eu lieu et Mohamed Bazoum devra défendre sa candidature face à l'ancien président Mahamane Ousmane (à la tête de l'Etat entre 1993 et 1996) lors du second tour du 21 février prochain. Néanmoins, le PNDS reste confiant. « Certes, notre objectif était de passer dès le 1er tour, mais au regard du nombre très élevé de candidatures -il n'y en a jamais eu autant-, cela rendait difficile une victoire dès le 1er tour » confie Oumar Moussa, le directeur de communication du PNDS contacté par La Tribune Afrique, quelques minutes après la déclaration du président de la CENI.

L'opposition maintiendra-t-elle son front commun ou cèdera-t-elle aux sirènes du PNDS ?

Fin stratège, le candidat Bazoum devra convaincre les adversaires d'hier afin de créer les conditions d'une victoire pour demain. Le candidat du PNDS pourra s'appuyer sur une longue expérience de négociateur acquise au sein des syndicats dans les années 1990, d'abord comme membre du Syndicat national des enseignants du Niger (SNEN) avant d'intégrer le Bureau exécutif de l'Union syndicale des travailleurs du Niger. « Les choses devraient rapidement se préciser dans les jours à venir avec le jeu des alliances », explique Oumar Moussa pour lequel « un candidat ayant réalisé la moitié de -leur- score [Mahamane Ousmane, ndlr] ne peut pas gagner au second tour ».

Autre son de cloche du côté de Mahamane Ousmane. « Nous sommes très confiants pour le second tour (...) Le peuple rejettera le candidat Bazoum » déclare un proche de Mahamane Ousmane, en charge des élections pour le RDR-Tchandji. Le candidat Ousmane toujours dans la région de Zinder, devrait rentrer incessamment sous peu à Niamey, pour faire entendre sa voix...

Reste à savoir quel sera le jeu de Seini Oumarou du MNSD-Nassara et d'Albade Abouba du MPR-Jamhuryia qui font désormais figure de « faiseurs de rois ». « La position du candidat Hama Amadou nous a beaucoup handicapé (ndr : en soutenant officiellement Mahamane Ousmane) » explique réaliste, le directeur de communication du MNSD-Nassara, qui concède que le parti est « déçu par les résultats ». « Nous avons une position importante pour décider qui nous allons soutenir (...) Il appartient maintenant à notre bureau de se positionner » poursuit-il, bien conscient d'occuper un rôle-clé dans l'issue du second tour des élections présidentielles. Les premières alliances devraient être dévoilées dans les tout prochains jours, mais des failles au sein de l'opposition apparaissent déjà en coulisse, de sources bien informées...

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Le suspense reste entier. Le déroulement du scrutin et les résultats annoncés ce jour par la CENI, confirment néanmoins la transparence annoncée par les observateurs internationaux et la voie de la « bonne gouvernance » empruntée par le Niger. Par ailleurs, les électeurs se sont massivement mobilisés pour aller aux urnes et le taux de participation a atteint 69,67% soit 5,2 millions de votants sur 7,4 millions d'électeurs inscrits selon la CENI. Les résultats doivent maintenant être validés par la Cour constitutionnelle.

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Le candidat Bazoum saura-t-il transformer l'essai ou l'opposition s'unira-t-elle pour faire basculer les desseins du PNDS qui voit encore « la vie en rose » ? De son côté, le président Issoufou, pour l'instant silencieux, pourrait bien sortir du bois en cas d'agitation autour des questions identitaires.

Marie-France Réveillard, envoyée spéciale à Niamey

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