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Politique - La Tribune MontpellierElections - La Tribune Montpellier

Louis Aliot : « La Région doit s'engager en faveur du patriotisme économique »

Marie Corbel

Publié le 02 décembre 2015 à 19:15 - Mis à jour le 03 décembre 2015 à 10:04

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Clôturant la série entretiens initiés par Objectif Languedoc-Roussillon, Louis Aliot, tête de liste du Front National aux élections régionales, présente les grandes lignes de son projet pour la région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées.

Dans le cadre des élections régionales, Objectif Languedoc-Roussillon a initié un tour de table en invitant cinq candidats à venir débattre individuellement devant un panel d'acteurs économiques régionaux : Dominique Reynié (Les Républicains) le 3 novembre, Carole Delga (Parti socialiste) le 6 novembre et Philippe Saurel (Citoyens du Midi) le 19 novembre.

Pour des raisons indépendantes de notre volonté, les débats avec Gérard Onesta (liste « Nouveau monde en commun », EELV-Front de Gauche-PCF) et Louis Aliot (Front National) n'ont pu avoir lieu. Ce dernier, à la suite de ses adversaires, s'exprime sur toutes les thématiques de l'action que la future région portera après l'union du Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.

En arrivant à la tête du Conseil régional, quelles seraient vos priorités ?

Louis Aliot : « Je souhaite recentrer l'action économique du Conseil régional comme le prévoit d'ailleurs la loi NOTRe du 8 août 2015 qui clarifie les compétences des collectivités territoriales. Ma priorité sera avant tout d'accompagner et d'aider au développement des petites entreprises car ce sont elles qui créent de l'emploi dans nos territoires ».

Comment envisagez-vous concrètement d'aider les TPE et PME régionales ?

« La Région peut introduire un certain nombre de dispositifs comme les avances remboursables, les prêts à taux zéro, un fond d'investissement régional ou encore un fonds de capital risque. D'autre part, la collectivité doit également s'engager en faveur du patriotisme économique, notamment en privilégiant les entreprises régionales dans l'attribution des marchés public locaux. »

Quelles actions spécifiques envisagez-vous de mettre en œuvre dans le secteur agricole ?

« Toujours sur cette idée de soutenir l'économie locale, j'envisage de créer une plateforme numérique qui mettent en relation les producteurs locaux et les consommateurs et collectivités. Dans ce projet comme dans bien d'autres, la Région mettra sa notoriété au service des acteurs économiques. »

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Dans ce domaine, qu'en-est-il de la marque régionale Sud de France ?

« Il faut développer et conserver ce nom mais sans le généraliser à l'ensemble du territoire. Dans le Gers, par exemple, la marque Sud-Ouest doit être préservée car elle a tout son sens. La grande région aura deux marques. »

Tous ces projets réclament de l'investissement public. Quelle est votre position sur ce sujet ?

« L'argent public est toujours nécessaire pour amorcer une pompe et enclencher une dynamique. Ensuite, les acteurs privés prennent la main. C'est par exemple le cas pour les marques régionales : la Région a financé le label Sud de France mais les besoins vont diminuer. En moins d'une mandature, on passera d'une gestion publique à une gestion privée. »

Rural vs urbain ou Toulouse vs Montpellier : comment pensez-vous traiter le sujet de l'équilibre territorial dans la grande région?

« Je plaide pour la coopération entre les territoires et non l'opposition. Mon cheval de bataille est l'égalité de traitement de l'ensemble des citoyens sur le territoire.  Les deux grandes métropoles doivent coexister. Cela devrait se faire sans peine car elles ont des identités différentes et bien établies. Par contre, les territoires ruraux souffrent d'être oubliés. Pour y remédier, il faut par exemple déjà étendre la couverture numérique car il existe des zones blanches dans la grande région. Je souhaite également créer un parlement des petites communes rurales de moins de 300 habitants afin de faire émerger les problématiques auxquelles elles sont confrontées. Il faut aussi redonner l'accès à une véritable offre de soin qui aujourd'hui a disparu. »

Précisément, dans le domaine de la santé, quelles actions envisagez-vous ?

« Pour remédier aux déserts médicaux, le prochain Conseil régional pourrait s'engager à prendre en charge la formation d'un certain nombre de médecins par an comme cela s'est déjà fait avec les infirmiers et infermières. En retour, ces professionnels s'engagent à exercer leur profession dans la ruralité pendant un temps donné. Ce dispositif permettra d'éviter de faire venir des médecins étrangers sans garantie de diplôme. »

Vous vous êtes récemment prononcé pour la suppression des aides au planning familial ?

« Sous couvert de faire de la pédagogie en faveur des jeunes, ces associations font aussi beaucoup d'autres choses comme aider les sans-papiers ou manifester avec les communistes. Elles ont une utilité dans leur véritable domaine de compétence et elles doivent se recentrer là-dessus. J'étais nuancé dans mon propos. Par ailleurs, la mission des Régions n'est pas de financer des associations dont la portée du message est politique. Il faut éviter que la collectivité territoriale se positionne sur des sujets qui font débat. Il y a un ministre et des familles pour traiter les sujets relatifs à la pédagogie et l'éducation. La Région n'a pas cette compétence. Elle s'occupe de la construction des lycées, elle ne gère pas ce qui se passe dedans. »

Dans ce contexte, quelles doivent être les missions de la région selon vous ?

« La Région a des missions majeures qui sont celles du développement économique, de la gestion des infrastructures et des transports. Je me félicite de la disparition de la clause générale de compétence car c'est malheureusement ce qui a permis aux élus d'agir dans une logique de clientélisme. Aujourd'hui, nous allons nous concentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire nous occuper d'économie et éviter de dépenser de l'argent à tort et à travers pour financer telle ou telle association. Ici, tout est politisé alors que je pense qu'il faut dépolitiser  de nombreux sujets ».

Quid d'une politique culturelle?

"Je ne suis pas un taliban des sujets culturels. Je pense qu'il faut proposer une offre diversifiée pour répondre à tous les goûts. Le rôle de la Région n'est pas de censurer mais de diversifier. Une offre de qualité a des retombées économiques. Concrètement, il faudra préserver les festivals les plus emblématiques et même en créer certain. Je pense notamment qu'il est faudrait créer festival musique gitane car la  population gitane sédentaire est très importante dans nos territoires".

À quelques jours des élections, comment percevez-vous l'adhésion à votre candidature?

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« Face à la nécessité de répondre à des enjeux économiques et de dépolitiser l'action de la Région, j'ai la chance d'être un candidat qui sort des sentiers battus en étant ni de droite, ni de gauche. Je ne fais partie d'aucun circuit. C'est un avantage car ça me permet d'échanger avec tout le monde. Ma candidature a suscité une vraie dynamique. Nous allons sortir en tête du premier tour. Nous aurons une réserve de voix importante pour le second tour avec les électeurs de Dominique Reynié et des abstentionnistes qui vont se déplacer, un phénomène sous-estimé dans les sondages actuels. »

Marie Corbel

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