Corruption dans le public : après les audits, le Bénin s'en remet à la justice
Emmanuel Atcha
Emmanuel Atcha
Le chef de l'Etat béninois Patrice Talon ne perd pas le temps. Après avoir commandité un audit dans les structures et entreprises publiques pour un état des lieux, dès son arrivée au pouvoir en avril 2016, le numéro 1 béninois et son équipe viennent de se confier à la justice du pays pour instruire les lacunes de gestion mises à nue par les audits. La justice qui va désormais s'occuper seule des dossiers, procédera en interpellant des responsables à différents niveaux de la gestion des structures ciblées de l'Etat. Elle situera les degrés d'implication des uns et des autres et aura aussi à se prononcer conformément aux dispositions du Bénin sur la lutte anti-corruption et autres infractions connexes dans le pays.
La lutte contre la corruption est affiché comme l'un des combats permanents des gouvernements béninois qui se sont succédés depuis les années 90. Compte tenu de ses conséquences sur l'économie et le développement, tous y ont accordé une certaine importance capitale. Récemment, plusieurs enquêtes diligentées aussi bien par les partenaires financiers du pays que par les autorités ont démontré que la corruption fait perdre des sommes importantes au Bénin.
Les enquêtes menées concernent principalement les secteurs de la production du coton et de la microfinance.
Selon elle, la gestion de la filière par le gouvernement de Yayi Boni prédécesseur de Patrice Talon, a causé sur les trois campagnes ciblées une perte évaluée à 125 milliards de francs CFA.
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Du côté de la microfinance, l'abcès est tout aussi enflé. La gestion du Fonds national de la microfinance (FNM) au titre des exercices 2013-2016 est sujette à beaucoup irrégularités inacceptables. « De graves irrégularités ont été relevées dans la gestion du Fonds, ayant occasionné des pertes de ressources publiques à hauteur de 40,6 milliards de FCFA », fait observer la mission d'audit organisationnel, comptable et financier du FNM au titre des exercices 2013-2016.
Emmanuel Atcha
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