Avec 50 millions d’euros de l’UE, le G5 Sahel enfin opérationnel ?
Khadim Mbaye
Khadim Mbaye
Les ministres des affaires étrangères du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Tchad, du Mali et du Niger, les pays qui composent le G5, ont eu un tête-à tête ce lundi 5 juin à Bamako, la capitale du Mali, avec la représentante de l'Union européenne, Féderica Mogherini, dans le cadre d'une rencontre annuelle.
A l'issue de ce rendez-vous, l'UE a annoncé un financement de 50 millions d'euros pour appuyer la force armée sous régionale devant déloger les jihadistes du nord du Mali et plus loin, sécuriser la zone frontalière du septentrion malien qui s'étend du Niger au Burkina. Ce terrain de prédilection pour les terroristes est en passe devenir un eldorado de la terreur, comme l'atteste la dernière attaque du mois de mars dernier contre la base militaire de Boulikessi, dans le centre du Mali, près du Burkina Faso. Cette attaque attribuée au groupe jihadiste (Malaam) d'Ibrahim Dicko, qui dirige Ansarul Islam a fait un lourd bilan : 11 militaires maliens ont été tués. Face cette dure réalité, l'UE promet de débloquer au plus vite sa contribution financière afin d'inciter les autres partenaires du G5 Sahel à mettre la main à la pâte.
Sécuriser le Sahel c'est en effet dans l'intérêt de tous. Les attaques et menaces terroristes ne s'adressent pas uniquement aux pays de la région. Car si rien n'est fait pour éradique le mal, la zone peut très vite devenir une base arrière pour de nombreux groupes terroristes notamment l'Organisation de l'Etat islamique qui est entrain de perdre du terrain en Irak d'où elle est originaire.
Sauf que, ce n'est pas seulement avec 50 millions d'euros que le G5 Sahel va venir à bout de la menace. Malgré la force militaire française « Barkhane », mise en place depuis 2014 au Mali, l'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) est toujours actif dans la zone sahélo-saharienne. Le renseignement français estimait au mois de mars le nombre de jihadistes actifs dans cette zone à 400. Il faut donc plus de fonds et de volonté politique. Et les pays du G5 concernés au premier chef doivent se mobiliser davantage pour assurer leur propre sécurité, leur propre défense. Ce qui ne semble pas être le cas pour l'heure. Hormis la décision de doubler le nombre de soldats à envoyer sur le terrain, de 5000 initialement à 10000 finalement, rien de concret n'a été fait.
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D'ailleurs, les contributions financières et en hommes des pays membres du G5 Sahel ne sont pas encore définies. Cependant, il reste un autre handicap. Pour que le G5 Sahel soit officiellement opérationnel, il faut que l'ONU donne d'abord son feu vert. Seulement, le sujet n'est pas encore à l'ordre du jour à New York.
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