CEDEAO-Mauritanie : union scellée, malgré la réserve des chefs d’Etat
Aboubacar Yacouba Barma
Aboubacar Yacouba Barma
La Mauritanie tient coûte que coûte à réintégrer par la petite porte de la CEDEAO, une organisation qu'elle a pourtant choisi de quitter en 2000 après en avoir été membre fondatrice en 1975. Le mercredi dernier à Lomé, en marge des travaux du Forum Afrique-Amérique sur l'AGOA, les deux parties ont signé l'accord d'association conclut en mai dernier entre la Commission de la CEDEAO et le gouvernement mauritanien. La Mauritanie devient donc officiellement membre associé de l'organisation d'intégration sous-régionale ouest-africaine à travers cette alliance actée par la ministre mauritanienne du Commerce, Naha Mint Moknass, et son homologue sénégalais, Alioune Sarr.
La Mauritanie frappait depuis plusieurs années à la porte de la CEDEAO qu'elle entendait intégrer à travers un accord d'association pour un partenariat économique et en ce sens, les négociations engagées ont conduit à la conclusion, le 5 mai dernier, du document qui en acte la nouvelle alliance.
En juin dernier pourtant, à l'occasion de leur dernier sommet tenu à Monrovia, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres avaient émis une fin de non recevoir à la demande de la Mauritanie qui a été invitée plutôt à «réintroduire une demande de réintégration».
Le pays n'entend visiblement pas passer par cette procédure qui fera de lui un membre à part entière, mais compte toutefois profiter des opportunités que recèle ce vaste marché de plus de 350 millions de personnes réparties à travers 15 pays membres de l'organisation. Et pour atteindre cet objectif, la Mauritanie s'appuie sur la décision de la 44e session ordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la CEDEAO des 28 et 29 mars 2014 qui a donné son aval à la Commission, l'instance exécutive, pour négocier un accord d'association avec la Mauritanie.
La Mauritanie devrait donc attendre le prochain sommet de l'organisation prévu en décembre prochain à Lomé pour véritablement se fixer sur son nouveau statut au sein de l'organisation. La conférence des chefs d'Etat et de gouvernement est en effet la seule instance habilitée à donner une suite à cette procédure. Mais d'ici là, l'accord d'association pourrait permettre au pays de préparer son retour au sein du marché régional.
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Selon les dispositions de l'accord entériné lors de la visite qu'a conduite, du 2 au 5 mai à Nouakchott, Marcel A. de Souza, président de la Commission de l'organisation, les deux parties étaient parvenues à «un texte consensuel de l'accord d'association qui contribuera au rapprochement des populations de l'ensemble de la région Afrique de l'Ouest et au renforcement des relations économiques et commerciales entre les Etats membres de la CEDEAO et la Mauritanie», comme le détaillait le communiqué publié à la fin des négociations.
La CEDEAO et la Mauritanie se sont par la suite engagées à poursuivre les efforts en vue de la finalisation de la signature de cet accord de partenariat économique qui devrait également permettre au pays d'intégrer les négociations en cours pour un nouvel accord entre l'organisation et l'Union européenne (UE).
C'est ce qui vient d'être acté à Lomé en dépit de la réserve des chefs d'Etat. D'ailleurs, l'un des premiers dossiers qui seront sur la table des deux parties, c'est la convergence de certains textes visant à renforcer la libre circulation des biens et des personnes dans la sous-région. Il s'agit notamment d'harmoniser, dans un premier temps, les différents tarifs douaniers en plus d'intégrer la Mauritanie dans le processus entamé par la CEDEAO dans le cadre de la mise en œuvre d'un tarif extérieur commun (TEC-CEDEAO).
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D'après l'échéancier fixé entre les deux pays, la mise en œuvre de l'accord d'association devrait permettre l'ouverture, le 1er janvier 2019, d'une zone de libre-échange entre la Mauritanie et les pays de la CEDEAO.
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