Franc CFA : l’activiste Kémi Séba dans le collimateur de la justice sénégalaise sur plainte de la BCEAO
Aboubacar Yacouba Barma
Aboubacar Yacouba Barma
L'activiste panafricain, Kémi Séba, leader d'Urgences Panafricanistes, une association qui milite en faveur de l'abandon du Franc CFA est dans le collimateur de la justice sénégalaise. Il a été interpellé, ce vendredi matin, à son domicile de Dakar par les éléments de la fameuse Division des investigations criminelles (D.I.C) qui instruit par là une plainte de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) dont le siège se trouve à Dakar.
La banque centrale des pays membres de l'UEMOA poursuit en justice l'activiste pour avoir publiquement brûlé un billet de la monnaie commune de la « zone Franc », le 19 août dernier à Dakar à l'occasion d'une manifestation contre le Fcfa organisée dans plusieurs villes africaines.
La pratique est en effet jugée illégale par la Banque centrale mais pour l'activiste, il s'agissait d'un « acte symbolique » même s'il se dit conscient des risques. « Je savais qu'en effectuant cet acte purement symbolique, la BCEAO, sans doute sur commande de la banque de France, engagerait une procédure visant à me mettre en prison. Je le savais, et je suis prêt à en payer le prix » s'est-il justifié quelques heures après avoir reçu la notification de la plainte. Mesurant d'ailleurs la portée de son acte et comme pour s'en défendre auprès de ceux que le geste aurait pu choquer, il a souligné qu'il est « loin d'être riche, et en brûlant ce billet, je savais aussi que je privais mes proches ainsi que moi même de ce que j'aurais pu acheter avec ce dernier ».
L'instruction est en cours et c'est à l'issue de l'enquête de police que l'on saura davantage sur cette affaire qui a fait enfler de nouveau la polémique au Sénégal et au delà. Selon les membres d'Urgences Panafricaines, plusieurs membres de la branche sénégalaise ont également été convoqués par la DIC pour y être entendus notamment la personne qui avait remis le briquet à Kemi Séba pour brûler le billet de 5000 Fcfa en question, accusé de « complicité ».
Selon la législation sénégalaise, il risquerait jusqu'à 5 ans de prison en cas de procès et si nous ne sommes est pas encore à ce stade, l'interpellation de l'activiste a provoqué une vague d'indignation sur le continent.
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Il faut dire que depuis le début de l'année, les différentes manifestations que l'association qu'il dirige organise régulièrement dans diverses villes africaines a amplifié le débat sur l'abandon ou non du Franc CFA qu'une certaine opinion, en particulier la jeunesse portée par « un afro-optimisme » sans précédent, considère comme « le vestige de l'ère coloniale ». La polémique sur fond de débats était telle que plusieurs chefs d'Etats et personnalités économiques ont été obligés de prendre position, poussant même la France à laisser le libre choix de la question aux dirigeants africains.
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Avec cette nouvelle tournure que prend la contestation, le débat va de nouveau refaire surface. D'autant qu'en gage de solidarité, des dizaines d'activistes membres du mouvement ont annoncé leurs intentions de reproduire l'acte de Kémi Séba, lequel était d'ailleurs dernièrement, le centre d'une nouvelle polémique entre médias sur la légitimité de l'action qu'il mène avec son association sur le continent.
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