Muhammadu Buhari : « la corruption est l'un des plus grands maux de notre temps »
Aboubacar Yacouba Barma

Buhari Aso Rock
DR
Aboubacar Yacouba Barma

Buhari Aso Rock
DR
C'est le thème de l'année pour l'Union Africaine : « gagner la bataille contre la corruption : une voie durable vers la transformation de l'Afrique ». A cette occasion, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation continentale qui tiennent leur 30e sommet ordinaire, les 28 et 29 janvier à Addis Abeba, ont confié au président nigérian, les charges de « champion pour lutte contre la corruption ». Muhammadu Buhari, qui fait de cette problématique une des priorités de son mandat, a dans son discours, dimanche après la cérémonie d'ouverture, décrit la corruption comme « l'un des plus grands maux de notre temps ».
A l'adresse de ses pairs du continent, Buhari a tenu à les remercier pour le choix porté sur sa personne pour endosser cette responsabilité. Il s'est engagé à faire de son mieux « pour faire en sorte que le programme de lutte contre la corruption reçoive l'attention qu'il mérite et fasse l'impact que tous espèrent, en 2018 et au-delà ». D'après Buhari, le continent a réalisé d'importants des progrès dans la mise en place de cadres juridiques et politiques destinés à combattre ce fléau mais cela ne suffit pas. C'est le cas de la convention de L'UA sur la prévention et la lutte contre la corruption. « Quinze (15) ans après l'adoption cette convention, 2018 constitue un bon point de départ pour faire le point sur les progrès accomplis jusqu'à présent, évaluer ce qu'il reste à faire et concevoir de nouvelles stratégies pour faire face aux nouveaux défis de la corruption » a estimé le Chef d'Etat nigérian.
Selon le Président Buhari, malgré une croissance économique soutenue sur le continent au cours des deux dernières décennies, « la confiance des populations a été érodée par l'accent mis sur les priorités à court terme et les pots-de-vin et amplifiés par la corruption, qui laisse trop souvent des projets inachevés et des promesses non tenues ». Le chef de l'Etat nigérian a de ce fait considéré que la corruption, par ses effets négatifs, constitue « une réelle menace pour la sécurité nationale puisqu'elle sape le développement d'une culture universelle de bonne gouvernance, de promotion de valeurs démocratiques, d'égalité entre les sexes, de droits de l'homme, de justice et d'état de droit ».
C'est pourquoi il a estimé que la mise en place d'institutions fortes constitue un préalable à la réussite de toute initiative destinée à combattre ce fléau notamment « un appareil judiciaire fermement hermétique à l'arbitraire, à l'injustice ainsi qu'aux interférences de l'exécutif ». « En tant que dirigeants, nous devons créer une synergie entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire afin de consolider la bonne gouvernance, la transparence et la responsabilité » a plaidé le président du Nigéria.
Le président nigérian n'a pas manqué de rappeler que l'Afrique perd environ 50 milliards de dollars par le fait de la corruption et a dans ce sens préconisé des efforts plus importants afin de remédier à « la relation de cause à effets entre la corruption et les flux financiers illicites». Sur ce sujet, Buhari a tenu à attirer l'attention de ses collègues sur le « rôle corrosif que les paradis fiscaux et les juridictions secrètes jouent dans la dissimulation d'actifs mal acquis ».
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Présentant à ses pairs son plan d'actions, le chef de l'Etat nigérian a énuméré ses priorités de l'année dans le cadre de la campagne contre la corruption. A ce sujet, il a proposé l'organisation d'un congrès de la jeunesse africaine contre la corruption, « afin de sensibiliser et d'engager nos jeunes dans la lutte contre la corruption ». Buhari s'est également engagé à mobiliser les états membres de L'Union pour mettre en œuvre le cadre juridique existant sur la lutte contre la corruption ainsi que l'adoption de mesures en faveur du renforcement du système de justice pénale à travers l'Afrique par l'échange d'informations et le partage des meilleures pratiques en matière d'application des lois anticorruption.
À lire également
Le Président nigérian a également plaidé pour le renforcement du conseil consultatif de l'organisation sur la corruption pour le rendre plus proactif et a proposé de mobiliser les parlementaires, les associations féminines, les médias, les milieux d'affaires et les groupes religieux ainsi que les leaders traditionnels dans la campagne. « Pour gagner la lutte contre la corruption, nous devons parvenir à un changement de mentalité » a estimé Muhammadu Buhari qui a reconnu que « la lutte contre la corruption ne sera pas une tâche facile parce que la corruption se combat chaque jour ». L'important, enfin estimé le champion africain de lutte contre la corruption, c'est « de rester ferme et résolument engagé ». « Au Nigéria, nous sommes allés loin dans la mise en œuvre de notre programme de changement de mentalité, lequel vise avant tout à lutter contre la corruption » a pris comme exemple le chef d'Etat nigérian qui a fini son allocution en réitérant « l'engagement indéfectible du Nigéria dans la lutte contre la corruption aujourd'hui, demain et après-demain ».
Aboubacar Yacouba Barma
En Côte d’Ivoire, l’économie peut-elle supporter le coup politique ?
A Rabat, l'économie au coeur des échanges entre Mohammed VI et l'Alliance des Etats du Sahel
« Les partenariats conclus avec la France placent le Maroc comme corridor unique entre l’Afrique et l’Europe »
Macron à Rabat ou comment le partenariat France-Maroc peut « inspirer » la coopération Europe-Afrique