« Un étudiant, un ordinateur » au Mali : sur fond de surenchères électorales, IBK se rappelle d’une de ses promesses
Aboubacar Yacouba Barma

IBK PC
DR
Aboubacar Yacouba Barma

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Mieux vaut tard que jamais ! C'est certainement ce que c'était dit le président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) et les premiers étudiants récipiendaires des premiers ordinateurs offerts par le chef de l'Etat qui a enfin tenu à concrétiser sa promesse prise il y a cinq ans alors qu'il venait d'accéder au pouvoir, celle de doter chaque étudiant d'un PC. Il a fallu attendre les dernières semaines du mandat pour qu'IBK se rappelle de son engagement et de joindre l'acte à la parole en lançant, jeudi dernier sur le campus universitaire de Kabala de Bamako, le projet « DONIYA » ou « Un étudiant, Un ordinateur ».
Pour le lancement de l'opération, 13000 PC-tablettes ont été remis symboliquement au secrétaire général de l'Association des étudiants maliens au cours d'une cérémonie riche en couleurs afin de marquer l'événement.
Selon la présidence malienne, le projet « un étudiant, un ordinateur » du président IBK, va se poursuivre avec comme objectif de doter chaque étudiant malien d'un ordinateur portable avec connexion à internet haut débit. De plus, il devrait permettre l'accès des étudiants aux documents électroniques sur internet et aux bibliothèques numériques ainsi que des échanges plus rapides et efficaces entre les étudiants, les enseignants et les administrations universitaires.
Du tout bénef donc pour les étudiants comme l'a témoigné leur représentant, Moussa Niangaly, qui a tenu à exprimer toute sa reconnaissance au chef de l'Etat. « Vous venez de réaliser l'une des plus belles actions jamais posées dans l'histoire de l'école malienne en faveur de l'étudiant » a déclaré à l'endroit du président IBK, le Secrétaire générale de l'organisation des étudiants selon qui « les PC-tablettes qui sont mises à notre disposition nous donnent l'espoir que notre pays s'installe définitivement dans le numérique et que dorénavant l'accès aux télécommunications et aux services des technologies de l'information et de la communication ne seront plus un luxe ».
L'opération aurait certainement été normale en d'autres circonstances mais elle a soulevé une vive polémique dans le pays. Elle intervient en effet à la fin du mandat et à quelques heures du début de la campagne électorale pour la présidentielle du 29 juillet prochain à laquelle IBK se représente pour un second bail à Koulouba. De quoi irriter davantage l'opposition politique qui s'insurge contre cette « opération de charme à visée électoraliste à la veille du lancement de la campagne ».
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C'est ce weekend que démarre officiellement la campagne électorale pour la présidentielle à laquelle IBK fera face à 23 autres prétendants. Alors que son bilan est assez mitigé en raison de la dégradation persistante du contexte sécuritaire, le président candidat n'a pas manqué ces derniers temps, de lancer de nouvelles opérations en vue d'accélérer la mise en œuvre de son programme.
A coup de campagne médiatique, il a sillonné plusieurs villes du pays où il a lancé des projets socio-économiques. L'opposition a beau dénoncer la surenchère électorale et une campagne avant l'heure avec les moyens de l'Etat, le président malien n'en a cure et selon le premier ministre Soumeylou Bouba Maiga, le gouvernement continuera à travailler et à mettre en œuvre le programme du président jusqu'à la fin constitutionnelle de son mandat.
Le président IBK n'est pas le seul chef d'Etat du continent à s'engager dans cette voie. Avant lui, c'était Paul Biya qui avait fait cette promesse aux étudiants camerounais, ce qui a depuis commencé malgré les critiques. En Guinée aussi, Alpha Condé s'était laissé promettre la même chose aux étudiants, chose qui n'a pas été concrétisé et que le chef de l'Etat a regretté par la suite.
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Lors d'une cérémonie largement relayée sur les réseaux sociaux, les étudiants guinéens avaient profité de la présence du président pour lui rappeler sa promesse non tenue et le huer, ce qu'Alpha Condé n'a pas vraiment apprécié. La vidéo est encore disponible sur le net et c'est certainement cette mésaventure que le président IBK veut s'épargner surtout que pour lui, c'est plus qu'une perte d'image mais de voix électorales, que peut engendrer les promesses non tenues.
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