Malgré la crise économique, le Nigéria n'hésite pas à prendre des initiatives coûteuses pour améliorer le quotidien de ses citoyens. Le gouvernement fédéral vient en effet de décider la mobilisation de pas moins de 2,9 milliards de dollars dans un important programme de construction de logements.
L'initiative qui s'insère dans le cadre e la stratégie nationale pour l'habitat social, ambitionne de répondre efficacement et de manière durable à la pénurie de logements et de stimuler la croissance économique.
John Odigie Oyegun, président national du All Progressives congress (APC), a précisé que ce programme sera exécuté dans le cadre d'un partenariat public-privé et à terme, il aura permis la construction de 2,5 millions de logements à partir de matériaux locaux.
Le Nigéria est confronté aujourd'hui à une urbanisation à la fois accélérée et déséquilibrée, où l'accès au logement est souvent difficile. Selon John Odigie Oyegun, celui-ci s'explique par «une offre à des prix élevés, des difficultés à accéder au financement, des prêts bancaires avec des taux intérêts élevés, et la rareté du foncier».
En effet, le pays le plus peuplé d'Afrique présentait déjà en 2013 un manque de 17 millions de logements, un taux qui n'a pas reculé depuis. Pour y remédier, l'Etat devait engager 56 000 milliards de nairas (environ 361,3 milliards de dollars). Sauf qu'avec un taux d'urbanisation de 4,39%, la production annuelle de logements n'est que d'environ 100 000 unités.
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D'après la presse locale, les logements actuels ne répondent pas toujours aux normes exigées dans le secteur immobilier. Et quand ce n'est pas du mal-logement, des millions de citoyens se retrouvent entassés dans des habitations insalubres où même les services de base sont inexistants.
A l'époque où le déficit en logement avait commencé à s'imposer dans les réunions de décideurs politiques, l'ancienne administration s'était résolue à mettre sur pied la Nigeria mortgage refinance corporation (Caisse nationale de refinancements hypothécaires).
Dans une démarche volontariste de proposer des prêts aidés par l'Etat, le but était de créer un mécanisme pouvant assurer le financement des secteurs de l'immobilier et de la construction. Des banques de détail locales et les institutions d'épargne et de prêt -dont la Banque mondiale- allaient composer le tour de table des bailleurs d'un fonds de crédits de 300 millions de dollars. Sauf que l'initiative n'a pas eu l'effet escompté et le besoin en logements a persisté depuis.
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Aujourd'hui encore, l'offre de prêts n'est pas toujours accessible, même si le segment de financement immobilier est en pleine croissance. En septembre 2016, le taux d'intérêt le plus bas pour un crédit immobilier était de 19%. Le client doit toutefois avoir un acompte de 25% avant de voir sa demande de crédit accordée, alors que le prêt immobilier moyen avoisine aujourd'hui les 18 000 dollars.
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