79,5 millions de personnes déplacées en 2019, un record selon l'UNHCR
Marie-France Réveillard
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En 2019, le nombre d'individus ayant fui la guerre, les persécutions ou les conflits, a dépassé 79.5 millions de personnes : du jamais vu dans l'histoire du Haut commissariat aux réfugiés, depuis sa création en décembre 1950 (ils étaient 41 millions en 2010). Une personne sur 97 est concernée, soit 1% de l'humanité. Plus des deux tiers d'entre eux, soit 77%, sont dans l'impossibilité de rentrer dans leur pays d'origine et se retrouvent dans des situations de déplacement prolongées. Depuis l'année dernière, le HCR supporte d'ailleurs une stratégie de réinstallation visant 1 million de réfugiés et 2 millions supplémentaires par voies complémentaires telles que le regroupement familial ou les programmes de mobilité de main-d'œuvre. A ce jour, près de 68% des personnes déplacées viennent de 5 pays : le Sud-Soudan, la Syrie, l'Afghanistan, la Birmanie et le Venezuela.
En substance, le Haut-commissariat comptabilise 29.6 millions de réfugiés en 2019 (parmi les 79.5 millions de migrants), 7 millions de déplacés internes et 4,2 millions de demandeurs d'asile à travers le monde. En Afrique, les 6.3 millions de réfugiés répertoriés par l'UNHCR viennent essentiellement du Sud-Soudan (2.2 millions), de la République démocratique du Congo (RDC) (800 000), de Somalie (900 000) et de la République centrafricaine (600 000). Quelque 73% des personnes déplacées vivent dans les pays voisins et 85 % ont été hébergés dans les pays en développement, dont 27 % dans les pays les moins avancés (PMA).
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Dans son rapport, l'UNHCR prévoit des impacts socio-économiques « sans précédent » suite à la pandémie de Coronavirus, qui ont déjà affecté les demandeurs d'asile dans l'Union européenne (UE), (avec une baisse de 43% par rapport à février) les systèmes de demande d'asile ayant été ralentis ou ayant tout simplement cessé avec la fermeture des frontières. « La Covid-19 a fait son apparition en toute fin d'année. Nous n'avons donc pas de données très précises sur le nombre de réfugiés atteints par le Coronavirus. Cependant, selon nos informations, leur nombre resterait limité. Nous avons néanmoins pris des mesures de prévention auprès des populations, tout en apportant notre soutien en matière d'accès à l'eau et d'assainissement [...] Cela étant, il est sûr que la Covid-19 a eu un impact important en termes socio-économiques pour ces personnes déplacées, car elles ont vu leurs revenus diminuer voire disparaître du jour au lendemain », explique Céline Schmitt, responsable des relations extérieures de l'UNHCR à Paris, qui rappelle par ailleurs que les migrations sont souvent le résultat d'une convergence de crises qui n'ont pas épargné le continent, du Soudan du Sud au Sahel en passant par la Somalie ou la Libye.
Marie-France Réveillard