Une forte progression des encours gérés dans les fonds solidaires

 |   |  476  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters
Le développement de la collecte, notamment en provenance des PME et TPE, pose la question des fonds disponibles et de la concentration du marché.

L'obligation faite depuis le 1er janvier 2010 de proposer un fonds commun de placement d'entreprise (FCPE) dans le cadre de l'épargne salariale met le marché en ébullition. « En six ans, les fonds solidaires en épargne salariale sont passés d'un encours de 130 millions d'euros à 1,4 milliard d'euros au 30 juin 2010. Et sur les seuls six premiers mois de l'année 2010, la progression a été de 40 % », précise Sophie des Mazery, directrice de Finansol. Les flux provenant de l'épargne salariale correspondent maintenant à la moitié de l'ensemble des capitaux collectés par l'économie solidaire. Et cette progression devrait se poursuivre.

En effet, si les grandes entreprises ont pour certaines anticipé la loi et ont parfois, dès 2009, proposé à leurs salariés un FCPE solidaire, les petites et moyennes entreprises ainsi que les très petites sociétés ne sont pas encore toutes aux normes. Deux raisons expliquent cette absence de mise en conformité : le manque d'informations (toutes les entreprises n'ont pas encore conscience de cette obligation malgré le travail de pédagogie mené par les sociétés de gestion) ; les moins bons résultats des firmes et notamment des PME en 2009.

Une plus grande ouverture

Dès que les résultats s'amélioreront, la question de la répartition se posera et conduira les entreprises à s'interroger sur leurs offres en épargne salariale. Ces nouveaux flux attendus, même s'ils devraient être moins importants compte tenu de la taille des entreprises concernées, posent la question des véhicules disponibles. « Il s'agit d'une démarche que l'on encourage, toutefois, encore faut-il qu'il y ait suffisamment d'entreprises agréées ?solidaires?, s'interroge Michel Lamy, représentant de la CFE-CGC au Comité intersyndical de l'épargne salariale. Trois structures ont longtemps dominé ce marché à savoir la Sifa, le véhicule d'investissement de France Active, Habitat et Humanisme, spécialisé dans le logement social, et l'Adie dans le microcrédit. Une situation qui change progressivement. « Les trois grands acteurs, qui représentaient encore récemment 80 % des flux collectés, en captent actuellement entre 50 % et 70 %. Il existe donc une plus grande ouverture liée notamment au développement de fonds de commun de placement à risque (FCPR). Natixis Asset Management, l'acteur historique dans ce domaine, a été rejoint par Mandarine Gestion et le Crédit Coopératif qui en proposent à leur tour », indique Sophie des Mazery.

Les FCPR peuvent investir jusqu'à 40 % de leurs actifs dans l'économie solidaire, contre 10 % maximum dans un FCPE, et diversifient davantage leurs investissements. Le vivier serait d'ailleurs important, nombreuses sont les entreprises qui relèvent de ce statut sans le savoir et n'ont pas déposé de demandes d'agrément. Par ailleurs, « les entrepreneurs solidaires, d'après nos enquêtes, manquent de financement », poursuit Sophie des Mazery. Encore faut-il que les sociétés de gestion développent une expertise spécifique pour les identifier et les évaluer.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :