Même si le chiffre d'affaires est en légère hausse (2,854 milliards d'euros contre 2,777 milliards d'euros lors de son exercice 2018-2019), un mastodonte comme Bonduelle (14.500 équivalents temps pleins, 120.000 hectares cultivés, 56 sites industriels dans 19 pays) a quand même été impacté par le premier confinement.Le groupe nordiste, siégeant à Renescure dans le Nord, avait annoncé dès le mois de mai qu'il ne tiendrait pas ses objectifs. Le bénéfice net du groupe agroalimentaire nordiste a baissé de près de 25 %, soit une perte de 7 à 10 millions d'euros. Et la perte est évidemment à imputer directement à la crise de la Covid-19. D'abord parce que le protocole sanitaire a entraîné des coûts supplémentaires. On pense d'abord à l'achat de masques et de gel hydro-alcoolique en quantité mais c'est toute l'organisation de la production qui a été chamboulée, quasiment toutes les lignes de production ayant dû ralentir.
Le manque de rotation des produits surgelés a impliqué qu'il faille stocker plus longtemps, ce qui représente un surcoût au final. Le groupe a également attribué une prime de 600 euros aux salariés qui ont fait tourner les usines en pleine crise sanitaire. Ensuite, la perte s'explique aussi parce que la crise sanitaire a accentué la tendance des consommateurs qui ont acheté plus de conserves et de légumes surgelés (sous les marques Bonduelle et Cassegrain en Europe).
Manque de débouchés
Du coup, les rayons produits frais « prêt à consommer » des grandes surfaces ont manqué de débouchés. La restauration hors foyer (commerciale et sociale), qui était en croissance à fin février, a également vu ses ventes chuter de façon vertigineuse. Toutefois, pour l'ensemble de l'Europe (45,5 % de l'activité), les évolutions des différents produits se sont compensées pour rester stables (+ 0,2 % en données publiées et 0,3 % en données comparables).
« Hors Europe, les activités de longue conservation ont bénéficié d'abord d'achats de précaution de la part des consommateurs puis d'une activité restant soutenue, indique Bonduelle dans son communiqué. Aux Etats-Unis, le segment du frais orienté sur les habitudes de consommation nomade (« bowls ») souffre particulièrement. » En dehors des frontières de l'Europe, Bonduelle a enregistré une activité en hausse de + 5,1 % en données publiées et de + 2,3 % en données comparables.
Gaëtane Deljurie, à Lille