Après un mois de grève, les salariés de Dumarey exhortent l'État à trouver un repreneur
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A Andrézieux-Bouthéon, les salariés sont en grève depuis un mois
Stéphanie Gallo Triouleyre
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A Andrézieux-Bouthéon, les salariés sont en grève depuis un mois
Stéphanie Gallo Triouleyre
« Scania a annoncé qu’il allait investir des dizaines de millions d’euros pour fabriquer des camions (électriques NDLR) en France, c’est bien la preuve que le secteur du transport poids-lourd ne se porte pas aussi mal qu’on veut bien nous le faire croire ! », constate avec amertume Alexandre Balian, délégué syndical CFE-CGC de Dumarey Powerglide Bouthéon, suite aux annonces de lundi dans le cadre de « Choose France ».
Un élément de contexte qu’il compte rappeler ce mercredi au cabinet de Sébastien Martin, ministre délégué en charge de l’industrie. Une délégation d’une dizaine de personnes, représentants de l’entreprise, va en effet être reçue, à la demande de la députée ligérienne LR, Sylvie Bonnet.
Depuis un mois désormais, plus de 90% des 265 salariés du fabricant ligérien de boîtes de vitesses pour poids-lourds (manuelles et automatiques) sont en grève. Ils protestent contre la décision de leur actionnaire, l’équipementier belge Dumarey (ex Punch) aux 750 millions d’euros de chiffre d’affaires et aux quelque 2.500 salariés dans le monde. Celui-ci a décidé de procéder à une cessation d’activité d’ici à la fin de l’année, avec licenciement de l’essentiel des salariés dès le mois de septembre. Direction et délégués syndicaux doivent se retrouver d’ailleurs dès demain pour une quatrième réunion de négociation du PSE, dans un contexte tendu, où les lignes de production sont quasiment à l’arrêt depuis plusieurs semaines.
Cette usine est historique, créée dans les années 70 par Berliet, devenue RVI puis ZF en 1998, avant de devenir Dumarey en 2023, suite à une réorientation stratégique du groupe allemand qui, face au durcissement du marché, a préféré développer de nouvelles boites de vitesses dans ses usines allemandes en lieu et place de celles qu’il fabriquait à Andrézieux-Bouthéon et céder le site au groupe industriel belge Dumarey. ZF s’était alors engagé à maintenir ses commandes jusqu’à fin 2027 et Dumarey à préserver l’emploi jusqu’à cette date, au moins, tout en mettant en place une stratégie de diversification, notamment autour du rétrofit hydrogène.