Adrien Falcon ou l’art du coaching de CEO-fondateurs
ARTICLE PARTENAIRE

Adrien Falcon, coach CEO et entrepreneurs
Adrien Falcon
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Adrien Falcon, coach CEO et entrepreneurs
Adrien Falcon
Pour moi, le coaching est un art. Il vise à aider celles et ceux qui en bénéficient à se réaliser pleinement, dans la durée, en les accompagnant sur leurs enjeux professionnels et personnels.
Un coaching de qualité, mené par un professionnel formé et expérimenté, propose un espace de confiance, confidentiel et bienveillant. On y dépose ses doutes, partage ses difficultés, affine ses réflexions, prend de la hauteur et parfois des décisions éclairées. Sans filtre. Sans se sentir jugé. Sans avoir à dissimuler ses émotions ou prouver quoi que ce soit.
Dans cet espace, l'écoute est active, les questions sont les réponses. On y est à la fois soutenu émotionnellement et challengé intellectuellement. Pour développer un sentiment de réalisation, dans la durée, et à la croisée de la performance et du mieux-être. C'est dans cet art exigeant et profondément humain que j'investis avec Millimetr.
Parce que c'en est un. Comme tout art, il exige de se former, de pratiquer des milliers d'heures, et de l'enrichir avec son propre style — sans jamais cesser d'évoluer.
La formation technique
Le coaching est un métier à part entière, avec ses méthodes, ses cadres, ses outils. Il faut s'y former sérieusement. Professionnellement. J'ai choisi pour ma part l'INSEAD. On ne peut se revendiquer de faire ce métier professionnellement sans être passé par une école reconnue.
Une formation solide permet notamment de comprendre les mécanismes profonds du changement, d'apprendre des techniques éprouvées de développement personnel et professionnel, de poser un cadre éthique clair et de développer sa posture de coach avec justesse. Une formation en coaching ne s'achève jamais : il faut la considérer comme un processus continu, qui exige des mises à jour régulières.
La pratique intensive
Comme pour tout art, la maîtrise passe par la pratique. Il faut pratiquer des heures et des heures. Pendant des années. Pour affiner son écoute, ajuster ses interventions, mesurer son impact. Rien ne remplace l'expérience directe avec des clients — surtout lorsqu'ils sont exigeants et confrontés à des contextes complexes.
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Et on ne progresse jamais seul en tant que coach. Il faut savoir prendre du recul sur sa pratique, être challengé et supervisé par d'autres praticiens. La supervision — une forme de surveillance bienveillante entre pairs expérimentés — est indispensable. Elle garantit la qualité, la justesse et l'éthique de l'accompagnement. Et elle soutient autant le coach que le client.
Le processus créatif
Un coach aguerri, qui maîtrise son art, ne suit pas une recette. Il s'appuie sur un processus de travail clair qu'il a défini, qui le guide autant qu'il guide ses clients, et qu'il adapte à chaque contexte et problématique. Il s'agit de faire du sur-mesure.
Chaque personne est unique. Chaque contexte aussi. Et la manière d'atteindre un objectif devient donc, elle-même, spécifique. Cela demande une base technique solide, presque immuable — mais qu'il faut savoir déconstruire et réinventer pour répondre aux singularités de chaque client.
C'est dans cette singularité que naît la liberté d'ajuster sa technique, et donc de créer des formes d'accompagnement sur mesure, réellement adaptées à chaque situation. Tout comme un artiste ajuste sa technique et la réinvente à chaque œuvre, pour proposer une chose unique qui, in fine, touche juste.
De mon côté, par exemple, je veille à donner autant d'espace à l'intellect qu'à l'intelligence émotionnelle. Mon approche repose sur des interactions hybrides, mêlant communication synchrone et asynchrone, orale et écrite. J'enrichis ma pratique de données quantitatives et qualitatives, que j'associe, selon les contextes, à différentes techniques de coaching - issues par exemple de la systémique, de la psychologie positive ou encore de l'art-thérapie. Je reste dans mon cadre et ma place de coach mais, à l'intérieur de ce cadre, m'autorise une liberté maximale pour aider mes clients à atteindre leurs objectifs.
C'est une discipline en soi. Le fondateur-CEO porte une responsabilité individuelle immense. Vision, stratégie, exécution, culture, modèle économique, cash management, recrutement, pression quotidienne, décisions difficiles, enjeux opérationnels, légaux, financiers, humains... Il est non seulement sur tous les fronts, mais aussi à la croisée de plusieurs rôles — fondateur, dirigeant, manager, et contributeur individuel — qui évoluent en permanence. Et tout cela, en interagissant au quotidien avec des interlocuteurs aux natures et attentes très différentes : investisseurs, médias, cofondateurs, board, équipes, clients, partenaires sans oublier ses proches et sa famille, souvent peu préparés à comprendre l'intensité de sa dynamique entrepreneuriale.

Son quotidien est donc particulièrement chargé, intellectuellement et émotionnellement. Il peut passer par des très hauts et des très bas. Et lorsque ces bas arrivent, il lui est souvent difficile d'exprimer ses failles et de montrer ses doutes. Générant fréquemment, alors même qu'il est très entouré, un sentiment de grande solitude face aux défis qu'il traverse. Avec, à terme, un risque réel d'épuisement. C'est une équation difficile à vivre, et, je crois, presque impossible à résoudre sans être soutenu par un tiers externe, dont c'est le métier.
Coacher un fondateur, c'est donc, comme pour tout client, lui offrir un espace privé et privilégié où il peut déposer sa charge mentale, prendre de la hauteur, retrouver de la lucidité, réguler ses tensions, affiner ses décisions, et travailler sa résilience sur le long terme. Mais ce qui rend cet accompagnement si spécifique, c'est l'intensité du rôle et la vitesse à laquelle il évolue — encore plus dans une startup ou une scale-up en hyper-croissance.
Il faut pouvoir comprendre le contexte de son client, raisonner à la même vitesse que celui-ci, tout en sachant ralentir, garder la bonne distance, éviter toute surchauffe, transfert ou conclusion hâtive. Pour toucher juste. Et l'aider à débloquer ce qui doit l'être. Parfois, en moins d'une heure.
C'est ce qui fait que ce type de coaching est très spécifique et s'apparente, à bien des égards, non seulement à un art mais aussi à ce qu'est le coaching sportif de haut niveau. L'athlète étant ici l'entrepreneur.
Je crois qu'il est difficile de proposer ce type d'accompagnement de manière vraiment pertinente si l'on n'a pas soi-même, au-delà d'une formation solide et d'une pratique avancée du coaching, vécu intimement ce rôle, en ayant donc été soi-même entrepreneur, dirigeant et fondateur d'une entreprise.
C'est mon parcours. Avant de devenir coach, j'ai été, pendant des années, consultant en stratégie, puis manager, pour ensuite être, pendant plus de 10 ans, plusieurs fois dirigeant, CEO et fondateur de start-ups et scale-ups.
Je suis notamment l'ancien Directeur Général de Deliveroo en France, et le premier Directeur Europe de cette plateforme technologique de livraison de repas venue du Royaume-Uni. En à peine 18 mois, nous avions conquis Paris et près de 50 autres villes en France, recruté plus de 150 salariés, signé avec des dizaines de milliers de coursiers-livreurs et des milliers de restaurateurs, pour assurer la livraison de plusieurs millions de commandes. La société était en hyper-croissance, c'était une réussite opérationnelle fulgurante.
J'ai également créé Millimetr.co et Wave.ai. Deux projets très différents, mais tous deux dédiés au développement du coaching. Wave.ai - qui a depuis été racheté par Alan, l'un des leaders européens de l'assurance santé - était la première intelligence artificielle dédiée au coaching professionnel et avait pour ambition de démocratiser l'accès à cette pratique. Millimetr, qui existe depuis plus de 10 ans, est ma structure pour continuer d'opérer et d'investir dans l'innovation et de nouvelles solutions appliquées au coaching de CEO fondateurs.
Dans toutes ces aventures, j'ai vécu — comme chacun de mes clients aujourd'hui — le meilleur et le pire du rôle de dirigeant et fondateur. J'ai innové, connu l'hyper-croissance, levé des fonds, recruté des centaines de salariés, déployé à l'échelle, vendu. J'ai aussi connu l'échec, les doutes, les pivots, l'hyper-concurrence, la pression médiatique, l'épuisement. Et je suis reparti. C'est tout cela qui m'a forgé. Et cette matière est progressivement venue alimenter cette mission de coaching qui est la mienne maintenant.

Rencontrez plusieurs coachs. Ne vous arrêtez pas à un nom ou à une recommandation. Le coaching est une relation humaine, pas une transaction. Il faut se sentir naturellement bien avec la personne que l'on choisit. Se sentir libre, écouté, challengé.
Un bon coach rend plus fort, pas dépendant. Il pose les questions que personne n'ose poser, sans jamais vous juger. Il challenge, sans brutaliser. Il soutient, sans porter. Il encourage, sans flatter. Le bon coach, c'est celui avec qui vous sentirez une connexion authentique. Pas celui qui impressionne sur les réseaux sociaux ou sur le papier.
Chaque coach a son style, son cadre, sa méthode. Prenez le temps de comprendre comment il travaille : quelle est sa formation ? Qu'est-ce qui le motive à travailler avec vous ? Quel est son processus de travail, son rythme ? Quelles sont ses activités et expériences passées ? Est-il supervisé ? Et surtout vous sentez-vous en confiance lors de votre première rencontre ou appel ?
Un bon coaching peut transformer une vie. Un mauvais peut faire perdre un temps précieux. Choisissez avec soin.
Coacher est un art. Et comme tout art, il mérite d'être respecté.
Votre première question, sur sa définition, est fondamentale. Le mot « coaching » s'est tellement démocratisé qu'il en est parfois vidé de son essence. Utilisé à tort, confondu avec le conseil, le mentorat — ou pire, la thérapie — il fait parfois l'objet de procès d'intention sans fondement, ridiculisé de manière simpliste par le tribunal populaire.
Et pourtant, ce métier est sérieux et exigeant. Il est profondément utile à celles et ceux qui ont la chance d'en bénéficier. Il faut lui rendre justice. Cesser de laisser des imposteurs le condamner par incompétence, simplification ou opportunisme.
Cela commence par redonner du sens au mot, et inviter mes pairs qui le pratiquent avec rigueur à en expliquer les coulisses et en clarifier les standards. Et cela finit par rappeler que ce métier, quand il est bien fait, permet à d'autres de mieux faire et mieux vivre le leur. C'est ce qui en fait, à mes yeux, l'un des plus beaux métiers du monde.
Interview réalisée en collaboration avec IA Agency.
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Comment devient-on coach pour fondateurs ? Quel a été votre parcours ?