Et si les digital natives n’étaient pas si digitaux ?

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(Crédits : DR)
A l’aise en tant qu’utilisateurs, les jeunes aussi doivent acquérir des compétences numériques professionnelles. Les universités se lancent d’ailleurs dans l’exploration de solutions innovantes.

Comme l'ont montré Paul Kirschner et Pedro De Bruyckere, deux chercheurs en sciences de l'éducation, les « digital natives », naturellement doués de compétences numériques et de la capacité cognitive de traiter de multiples sources d'information simultanément, sont un mythe. Il n'existe pas de preuve scientifique de l'existence de ces « natifs du numérique ». De plus, supposer qu'ils ont une façon d'apprendre particulière grâce à leurs prétendues capacités au « multitask » est une erreur. Comme les plus âgés, ils doivent passer par la case formation. Et pour eux, la formation prend des formes multiples comme par exemple plusieurs MOOCs de Coursera, développés en partenariat avec des écoles et des universités du monde entier, pour réussir une carrière dans le digital.

D'ailleurs, l'apprentissage des compétences numériques démarre désormais très jeune avec des initiatives telles que les ateliers Magic Makers ou les CoderDojo qui apprennent aux jeunes enfants à coder. La nouvelle formule du bac fera une place importante au sujet pour que tous les jeunes acquièrent une culture numérique de base à l'école. Car sans compétences numériques, l'accès à l'emploi - à tous les emplois - sera compromis. Au-delà des nouveaux métiers du numérique qui continuent à émerger, 90% des emplois nécessitent déjà des compétences numériques de base selon la Commission Européenne. Et rappelons que le Conseil d'orientation pour l'emploi estime que d'ici 2020, on comptera 80 000 emplois vacants dans les technologies de l'information et de l'électronique. C'est un cercle vertueux : les compétences numériques sont un sésame pour l'emploi et les métiers du numérique un vivier d'emplois et de croissance.

Le mythe des natifs du numérique

Ousseynou Gueye est coach Google Ateliers Numériques et chef de projet chez Les Léonards, une agence qui travaille en partenariat avec Google pour déployer les formations numériques dans les universités. Récemment diplômé d'un master en sciences politiques de Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEM), il anime et coordonne des formations pour les étudiants depuis deux ans. « Les formations sont ouvertes à tous les étudiants car tous ont besoin d'une culture numérique », explique-t-il. L'objectif de ces formations, suivies par 250 à 400 participants et souvent dispensées pendant les vacances, est de fournir au plus grand nombre une culture digitale globale. « Nous offrons à ces jeunes une formation gratuite qui vient compléter celle qu'ils reçoivent lors de leur cursus universitaire et qui a pour objectif de faciliter leur insertion professionnelle », résume Ousseynou Gueye.
Concrètement, la formation se déroule sur quatre jours. « Les deux premiers jours sont consacrés à un survol panoramique du marketing digital : les usages des consommateurs, les bases de la construction d'un site Internet, les réseaux sociaux, le big data ou encore le mobile. Avec notre partenaire Ticket for Change, nous parlons d'entrepreneuriat, une compétence très prisée et applicable pour être force de proposition y compris lorsqu'on ne souhaite pas monter sa propre entreprise. Pendant cette journée, les étudiants construisent un projet en groupe et présentent leur pitch. Le quatrième jour est consacré aux nouveaux métiers et aux nouvelles compétences, à la recherche d'emploi et à la certification. » Programme bien rempli ! « Nos enquêtes avec IPSOS montrent que 78% estiment que leur CV sera plus attractif avec la certification Google Ateliers Numériques », se félicite le coach.

Susciter des envies

À Montpellier, Ismaël Guerrib a suivi un Atelier Numérique l'année dernière pour compléter une formation en communication « pas assez digitale » à son goût. La formation ayant débouché sur un stage chez le partenaire Ticket for Change, il travaille aujourd'hui pour ces « activateurs de talents » en freelance tout en apportant ses compétences de communicant digital à Kids Booky, une startup spécialisée dans la réalité mixte. En IUT de techniques de commercialisation à Amiens, Constance Kozlowski a suivi les conseils d'un enseignant en s'inscrivant à la formation. « J'ai découvert le marketing digital, sous un angle plus réel que théorique. Du coup, j'en ai fait mon sujet de mémoire en 2e année. C'est une formation qui donne envie d'apprendre », se réjouit la jeune diplômée et sportive de haut niveau.

Après avoir suivi la formation à l'UPEM où il a obtenu un Master en Management de l'Innovation, Florent de Lécluse a réalisé son objectif d'entreprendre dès la fin de ses études. En mars dernier, il a co-fondé Zetoolbox pour aider les entreprises et indépendants à adopter de nouveaux outils numériques capables de rendre leur organisation plus efficiente. Au-delà de la formation initiale, il continue à bénéficier d'un accompagnement de Google et de ses experts. De la formation, il dit aujourd'hui que c'est « à la fois un coup de boost mental et une précieuse aide technique ».

Avec les Ateliers Numériques de Google, l'Université Paris Est Marne la Vallée expérimente

Depuis juin 2016, les étudiants de Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEM), toutes disciplines confondues, peuvent s'inscrire dans une formation numérique au marketing digital deux fois par an. « C'est un complément de formation professionnalisant. On fait venir sur le campus des professionnels qui leur apportent leur angle sur le marketing digital et par ricochet la valeur d'une certification sur le marché du travail », explique Pascal Romon, vice-président Numérique de l'UPEM. Mais ce ne sont pas seulement des étudiants qui se retrouvent sur les bancs des amphis pour ces formations. Des enseignants-chercheurs, des personnels administratifs et des apprenants extérieurs viennent aussi se former. « Grâce à notre réseau sur le territoire, nous attirons des étudiants d'ailleurs ou des chercheurs d'emploi, avec l'ambition de les faire revenir sur le campus. De plus, ces groupes mixtes sont une source d'enrichissement. »

À partir de la rentrée 2018, les Ateliers Numériques de Google pourront se traduire en crédits universitaires dans les formations qui le souhaitent. « On se dirige vers un enseignement plus diversifié avec des badges et des crédits de sources    différentes », constate Pascal Romon. Avec certaines formations hybrides qui mêlent enseignement présentiel et dématérialisé, l'UPEM explore de nouvelles pédagogies plus horizontales et plus interactives. « Nous sortons des cours magistraux pour donner un souffle nouveau. »

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Les Ateliers Numériques de Google sont gratuits, agnostiques et ouverts à tous, quel que soit le niveau en matière de numérique :

Compte Twitter : @GoogleEnFrance

Hashtag : #AteliersGoogle

Toutes les formations en ligne et les inscriptions en présentiel : g.co/AteliersNumeriques

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Commentaires
a écrit le 13/07/2018 à 12:19 :
Mythe ? Ou pas

Il est prouvé que les compétences comme le multitasking sont bien décuplé chez les générations Y et Z.
Tout simplement parce que sans le vouloir forcément ils s'y exerce chaque jour à travers les différents outils numériques à leurs dispositions.

Notamment à travers les jeux-vidéos qui nécessitent un multitasking constant et le traitement de multiples informations rapidement.

Evidemment, si l'on parle de codage ou de l'utilisation de logiciels complexes, il est évident que sans intéressement à ces derniers il est impossible de les maîtriser "nativement".
Néanmoins leur compréhension et assimilation sera tout de même plus simples chez les digital natives ou plus généralement chez les personnes intéressés par le numérique et qui ont l'habitude d'utiliser ces outils...
a écrit le 09/07/2018 à 9:12 :
Ah bon ? sans blagues ? savoir cliquer avec ses doigts sur un écran ne fait pas de vous un developpeur architecte de solutions complètes réalisées grace à des connaissances en UML, sysML, poo, protocoles de communications etc...
Vous voulez dire comme conduire une bagnole ne vous aide en rien à en concevoir/fabriquer ? on apprends des choses là :)
Le réveil est douloureux...

J'ajouterais que s'ils veulent vraiment comprendre les méthodes comme sadt uml etc ils devront renoncer à leur langue maternel par ce que c'est le telephone arabe, les traductions sont approximatives et la pudeur sur le pourquoi du comment (indispensable) qui renvoie toujours à des recherches fructueuses (chercheurs qui trouvent, yourdon, constantine etc...) d'outre atlantique....
a écrit le 08/07/2018 à 11:17 :
J'espère qu'il vous paie bien...

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