Géant mondial de la confiserie, Ferrero a su conserver ses valeurs familiales
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Comme partout dans une Europe dévastée, l'après-guerre, en Italie, semblait peu propice à un succès commercial. Mais déjà, Pietro Ferrero, pâtissier à Alba, une petite ville du Piémont, dans le nord du pays, s'intéresse au bien-être de la population. Or elle souffrait, en ces temps de pénurie alimentaire, de carences. Pourquoi ne pas offrir du chocolat ? Ses valeurs nutritives sont bien connues. Oui, mais voilà, les fèves de cacao manquent aussi. Et elles sont chères. En revanche, le Piémont, l'une des grandes régions agricoles italiennes, regorge de noisettes. Pietro Ferrero a donc l'idée, avec son frère Giovanni, de remplacer en partie les fèves de cacao par ces fruits à coque, et de les associer à du lait en poudre, du sucre et de l'huile végétale. Il obtient ainsi une pâte assez dure pour être coupée au couteau et enveloppée, pour le goûter des enfants et le dessert des adultes.
Le succès est énorme et immédiat. Au point que la famille Ferrero décide rapidement de lancer une société, en 1946, et d'ouvrir une usine, pour produire davantage de cette « pasta gianduja ». La recette sera améliorée les années suivantes, afin de la rendre plus onctueuse. Ce sera la base de la célèbre pâte, finalement rebaptisée Nutella® en 1964, pour la noisette - nut, en anglais -, à laquelle est accolée une terminaison féminine, typiquement italienne.
L'aventure a commencé. Elle ne s'arrêtera plus. D'autant que dès les années 50, le succès commercial touche toute l'Europe, grâce aux nouveaux produits que lance Ferrero, dont les Mon Chéri en 1956. Viendront ensuite le Kinder Chocolat en 1968, les Tic Tac en 1969, les Kinder Surprise en 1974, les Ferrero Rocher en 1982... et bien d'autres. L'engouement des consommateurs devient mondial.
Mieux vaut, dans ces conditions, s'implanter au plus près des marchés. Après un développement réussi en Allemagne, Ferrero choisit, en 1959, la France. L'entreprise rachète une ancienne usine textile, à Villers-Écalles, près de Rouen, en Normandie. Elle y débute la production de Mon Chéri en 1960. Puis installe son siège à une vingtaine de kilomètres, à Mont-Saint-Aignan. La Normandie a de nombreux atouts : sa culture de l'excellence, agricole et industrielle, ses ports, pour les expéditions à l'étranger, son réseau routier et sa proximité avec la région parisienne.
Aujourd'hui, la filiale française de Ferrero compte presque 1 500 salariés, dont 1 000 en Normandie. Le site de Villers-Écalles est la première usine mondiale de production de Nutella® et la troisième pour la production de Kinder Bueno. Les pots de pâte à tartiner et les barres chocolatées sont exportés pour un tiers vers le reste de l'Union européenne, tandis que Ferrero est le chocolatier-confiseur préféré des Français, avec une présence dans huit foyers sur 10.
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En 2022, l'entreprise italienne a annoncé un investissement de 36 millions d'euros dans l'usine normande. A la clé, l'augmentation des capacités de production (+8 % pour les Kinder Bueno), par le biais de la poursuite de la digitalisation des opérations et la modernisation des lignes de production, sans oublier une meilleure ergonomie des outils, afin d'améliorer les conditions de travail des salariés et enfin, la décarbonation des activités. Un investissement de poids qui impliquera également l'embauche de 32 nouveaux salariés.
Autant dire, donc, que Ferrero est fidèle. Aux territoires dans lesquels l'entreprise s'installe comme aux valeurs humanistes et familiales, qui guident son action depuis ses débuts piémontais. Actrice majeure de l'économie normande, voire française, l'entreprise italienne s'assure ainsi que son usine de Villers-Écalles utilise une majorité d'ingrédients issus de l'agriculture nationale pour la fabrication du Nutella® et des Kinder Bueno, dont 100 % du sucre, qui provient de Normandie et des Hauts-de-France, plus de 60% de blé (variable selon les années) et plus de la moitié du lait. Au-delà de cette responsabilité économique, sociale et territoriale, il en est une autre qui lui tient à cœur, c'est le respect de l'environnement et la lutte contre le dérèglement climatique, grâce à la recherche d'ingrédients issus des meilleures pratiques agricoles possibles, à l'éco-conception des emballages et à la réduction de la consommation d'énergie sur ses sites de production.
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