La raison d’être, reflet de notre intelligence collective

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TRIBUNE : Face à la transformation du rôle des sociétés, la raison d’être des entreprises doit s’accomplir dans un esprit collectif et collaboratif. C’est le gage d’une transition sociétale en devenir. Par Stéphane Richard, président-directeur général d’Orange.

J'observe, avec intérêt, une profonde transformation du rôle des sociétés dans le monde. Si l'entreprise demeure bien entendu un acteur économique, dont la finalité est de créer de la valeur, il est désormais acquis qu'elle doit aussi être un contributeur à l'intérêt collectif.

Cette contribution n'est cependant pas toujours évidente à imaginer, déployer, mesurer ou partager. L'entreprise a parfois besoin d'être soutenue et encouragée dans cette voie. Voilà pourquoi j'ai immédiatement considéré la loi Pacte comme une véritable opportunité. Sa proposition de raison d'être, loin de ne constituer qu'une jolie formule, offre aux groupes français la formidable occasion de s'inscrire dans un projet de société et de formaliser le rôle qu'ils vont y jouer.

Toutefois, pour que la raison d'être se montre à la hauteur des attentes, il convient d'éviter un écueil : puisque la raison d'être se veut un reflet des enjeux que connaît la société, elle ne saurait être élaborée sans cette dernière. La transformation du rôle des entreprises implique d'y faire entrer des acteurs qui lui sont extérieurs.

A mon sens, la raison d'être d'une entreprise doit être le reflet de notre intelligence collective. Celle des collaborateurs, à tous niveaux et dans tous pays, mais aussi celle de parties prenantes aux profils aussi variés que riches, comme les ONG, les investisseurs, les associations et think tank, les collectivités, les journalistes ou encore les partenaires et clients. Je ne conçois pas leur rôle comme simplement consultatif. Ces parties prenantes extérieures doivent également être investies de nouvelles missions et notamment chargées de veiller au déploiement concret de ce qui a été décidé dans la raison d'être. Ainsi, nous allons constituer, chez Orange, un comité de suivi de notre raison d'être, composé de personnalités externes aux parcours divers, tels que des membres d'ONG, des dirigeants d'entreprises ou encore des représentants des générations futures.

Je suis convaincu que l'adoption d'une raison d'être par les entreprises va se généraliser, en France, en Europe et dans le monde. D'une part, elle répond à une quête de sens de plus en plus prégnante parmi les salariés. D'autre part, elle constitue un facteur d'attractivité fort pour l'entreprise, contribue à son rayonnement. Enfin, la raison d'être présente la vertu de sortir du temps court de l'opérationnel, d'aller au-delà même des plans stratégiques pluriannuels. Cette boussole, qui nous extrait de l'immédiateté, se révèle indispensable, notamment dans les temps de crise.

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