Le miracle n'aura pas eu lieu... Le Chancelier allemand Friedrich Merz devrait annoncer mercredi lors de l'inauguration du salon aéronautique de Berlin (ILA) la fin du programme franco-allemand SCAF (Système de combat aérien du futur), selon des sources concordantes. En dépit de la volonté politique d'Emmanuel Macron de maintenir coûte que coûte ce programme qui était jusqu’ici en urgence absolue, Friedrich Merz va le débrancher. Il prend acte des divergences profondes sur la gouvernance du programme entre Airbus et Dassault Aviation, qui en a la maîtrise d’œuvre. Les deux industriels étaient irréconciliables...
Le programme est partagé en trois tiers mais Airbus qui représente à la fois l'Allemagne et l'Espagne, pèse deux tiers du SCAF. Ce dont ne voulait absolument plus le constructeur du Rafale. « Je ne suis pas un homme de cogestion », avait une nouvelle fois expliqué en avril le PDG de Dassault Aviation Eric Trappier alors qu'une médiation voulue par le président français Emmanuel Macron et rejointe par le chancelier allemand Friedrich Merz était en cours pour tenter de sauver le plus important projet de coopération dans le domaine de la défense européenne.
En conséquence, le programme est resté bloqué à la phase 1B (développement technologique), qui devait mener à la phase 2 avec le développement et la conception d'un démonstrateur. De son côté, Airbus, qui ne souhaitait pas devenir un sous-traitant de Dassault Aviation, demandait le respect des accords initiaux signés par toutes les parties. Le patron d'Airbus Defence & Space Michael Schoellhorn l'a fait savoir à Emmanuel Macron en expliquant que « l'avenir du NGF (New Generation Fighter) est aujourd’hui difficile à envisager, la confiance s'est évanouie. Pour nous Airbus mais aussi pour l'Allemagne et l'Espagne », avait-il écrit au président de la République.