Le marché automobile chinois est le plus important au monde, avec près de 25 millions de ventes par an.
ZX/BSP - REUTERS - China Stringer Network
Le marché automobile chinois enchaîne un huitième mois de baisse en mai, tandis que les exportations de véhicules électriques et hybrides s’envolent, accentuant le grand écart entre demande intérieure et expansion internationale.
Le premier marché automobile mondial continue de perdre de la vitesse, et même sérieusement. En mai, les ventes de voitures particulières en Chine ont reculé de 22,3 % sur un an, à 1,53 million d’unités, selon les données publiées lundi par l’Association chinoise des voitures particulières (CPCA). Il s’agit du huitième mois consécutif de baisse.
Face à cette dégradation persistante, la CPCA a fortement revu ses prévisions pour l’ensemble de l’année. L’organisation anticipe désormais une baisse de 11 % des ventes automobiles en 2026, contre un recul limité à 1 % attendu jusqu’ici. Sur les cinq premiers mois de l’année, le marché affiche déjà un repli de 19,7 %, avec 7,18 millions de véhicules écoulés.
La fin d’un cycle
Pour Cui Dongshu, secrétaire général de la CPCA, la principale explication réside dans le recul des ventes de véhicules thermiques, pénalisées par la hausse des prix du pétrole consécutive aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le responsable table néanmoins sur une amélioration progressive au second semestre, susceptible d’atténuer la baisse enregistrée depuis le début de l’année.
Au-delà des facteurs conjoncturels, le ralentissement révèle une évolution plus profonde du marché chinois. Alors que Pékin vise toujours une croissance économique comprise entre 4,5 % et 5 % cette année, la demande des ménages pour les achats importants demeure atone. Les analystes évoquent un cocktail associant une confiance des consommateurs affaiblie, la réduction des aides publiques et le degré de maturité d’un marché qui a connu plusieurs décennies d’expansion rapide.
Même les véhicules électrifiés ne sont plus épargnés. Les ventes de voitures électriques et hybrides rechargeables, qui représentent désormais 62,2 % du marché, ont reculé de 7,5 % en mai, enregistrant un cinquième mois consécutif de baisse. « Le marché automobile chinois est déjà le plus important au monde, avec entre 23 et 25 millions de ventes au détail par an, et le taux de possession de voitures y est relativement élevé, en particulier pour un marché émergent », souligne Eugene Hsiao, responsable de la stratégie actions Chine chez Macquarie Capital. « Cela signifie que le marché se trouve déjà à un stade mature de son développement. »
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Selon lui, le marché automobile chinois devrait désormais progresser à un rythme limité à quelques points de pourcentage par an au cours des cinq à dix prochaines années. Les principaux fabricants de véhicules électriques pourraient toutefois continuer à surperformer en continuant à grapiller des parts de marché.
Les constructeurs se tournent vers l’export
Cette nouvelle phase du marché pousse les constructeurs chinois à accélérer leur développement international. En mai, les exportations de véhicules électriques et hybrides rechargeables ont bondi de 112,6 % sur un an, contre une hausse de 74,7 % pour l’ensemble des exportations automobiles.
William Li, directeur général du constructeur automobile NIO, estimait déjà le mois dernier que l’industrie chinoise avait probablement dépassé son « âge d’or », la demande intérieure montrant des signes de stagnation malgré la vigueur des ventes à l’étranger. Si NIO reste encore principalement concentré sur son marché domestique, nombre de ses concurrents ont fait de l’exportation un relais de croissance prioritaire.