Les Hauts-de-France font communauté autour des fonds européens pour les territoires ruraux
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... été l'occasion de détailler les différentes opportunités européennes pour financer des projets en ruralité, en vue de faire émerger de nouvelles initiatives.
« Une obsession »... Marie-Sophie Lesne, vice-présidente de la Région Hauts-de-France, en charge de l'agriculture, de l'agroalimentaire, de l'enseignement agricole et de la pêche, le dit sans détour : inclure tous les habitants de la région dans une communauté de destins, optimiste et prospère, est une idée fixe, au cœur de toutes les politiques menées par les autorités régionales. Cela vaut particulièrement pour les plus « éloignés de l'urbanité, dans les territoires ruraux », dit-elle. D'autant que la Région « compte 3 200 communes rurales soit 80 % du territoire des Hauts-de-France, renchérit Florence Bariseau, vice-présidente de la Région Hauts-de-France, en charge de la ruralité, la proximité, les solidarités et de la politique de l'eau. La ruralité est au cœur de l'action régionale et se concrétise par des dispositifs tels que le Fonds d'appui aux projets locaux, Centres-villes Centres-bourgs, l'aide au dernier commerce de proximité ou encore le Fonds de soutien aux projets structurants ».
Pour jeter des passerelles et créer du lien dans ce domaine, la Région s'appuie, entre autres, sur les programmes de financement de l'Union européenne pour les territoires y compris ruraux, et en particulier sur le dispositif LEADER (Liaison entre Actions de Développement de l'Économie Rurale). Ainsi, dans le cadre d'une enveloppe (de 27,4 millions d'euros pour la période 2023-2027), elle attribue des fonds pour des projets d'abord validés par les Groupes d'Action Locale (GAL). Mais surtout, elle s'y investit de telle façon que « cela va bien au-delà de l'aspect financier », assure Marie-Sophie Lesne. D'abord parce que la Région ajoute son propre apport, qui vient compléter le financement européen. « Ce qui permet un plus grand effet de levier », explique-t-elle. Ensuite, parce que, précise Daniel Leca, vice-président de la Région Hauts-de-France, en charge de l'Europe, de la stratégie territoriale et des politiques contractuelles, « nous avons des défis très spécifiques à relever dans le monde rural ». Et la Région en est bien consciente. « Comprendre la réalité des besoins de terrain et y répondre par des projets concrets fait partie de la philosophie de financement », ajoute-t-il.
Certaines initiatives ne nécessitent qu'une mise de fonds modeste. Mais le résultat est là. C'est vrai pour la création d'un lieu qui fait café, mais aussi dépôt de pain, relais colis, épicerie et distributeur de billets, à Auchy-la-Montagne, un village de quelque 500 habitants entre Beauvais et Amiens. Un véritable lieu de vie et de lien social. C'est vrai également d'un « Bus pour l'emploi » qui sillonne l'Oise, et y couvre désormais 300 petites communes. En huit ans d'existence, le bus, qui va à la rencontre des demandeurs d'emploi et met à leur disposition des experts pour les aiguiller sur une formation, les aider à refaire leur CV ou à réussir un entretien, a permis à des centaines de ruraux de 16 à 65 ans de décrocher au total 600 CDI. « Une personne sur deux qui vient nous voir retrouve un emploi ou une formation », se félicite Camille Michel-Preiss, coordinatrice du dispositif au Département de l'Oise. C'est vrai encore pour des friches industrielles, situées à Anor, près de la frontière belge. « Les plus éloignées du centre ont été renaturées, tandis qu'une autre, dotée d'un ancien coron, a été transformée en éco-quartier, qui joue sur la mixité sociale et l'intergénérationnel », indique Jean-Luc Pérat, maire de cette commune de 3 000 habitants.
Les exemples de succès - que ce soit du fait de la création d'une crèche, d'un club sportif ou de découverte historique, d'une micro-brasserie, d'une ressourcerie ou d'un programme pour attirer des tournages de films - abondent. Leur impact économique, social, environnemental, est évident.
Pourtant, certains projets paraissaient mal engagés. Mais c'était sans compter avec les GAL, auxquels la Région a délégué l'animation du programme LEADER. Ainsi, Yannick Hedou-Beillard, animateur LEADER du GAL Pays Picard Vallées de l'Oise et de l'Ailette, raconte comment un projet d'aménagement d'un rez-de-jardin, à l'Ehpad de Coucy-le-Château (900 habitants), dans l'Aisne, « qui ne rentrait pas dans la philosophie de LEADER », indique-t-il, s'est transformé, au cours d'un dialogue avec les porteurs du projet, en un chalet pour la vente de produits locaux, grâce à un partenariat avec une ferme et des artisans, ce qui draine des visiteurs et anime l'Ehpad. A cela s'est ajouté l'achat d'un « robot émotionnel », un petit phoque, en l'occurrence, qui fait de la médiation animale pour les pensionnaires. « Ce projet, financé via LEADER, est une façon innovante d'ouvrir l'Ehpad vers l'extérieur et d'améliorer aussi l'attractivité de la résidence pour les personnels soignants », résume-t-il.
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Autant de belles histoires qui devraient inspirer d'autres initiatives, pour le bien-être de tous en ruralité. Déjà, au fil des ans, les GAL, qui n'étaient que 17 et avaient soutenus 1 135 projets en Hauts-de-France, sont désormais 20, offrant ainsi de nouvelles possibilités à 3 nouveaux territoires. Et surtout, 1135 projets ont été financés depuis la participation au fonds LEADER. « Et pour accompagner la ruralité, la Région a déployé un réseau d'antennes qui nous permettent ainsi d'être au plus près des habitants », souligne Florence Bariseau.
Mais si la région dans son ensemble - des autorités Régionales aux GAL en passant par les porteurs de projets - font clairement corps autour des fonds européens pour tous les territoires, le danger rode, selon Daniel Leca, sous la forme de coupes budgétaires vis-à-vis des régions de la part de l'Etat français et par le biais d'un projet de « recentralisation » des fonds européens de la part de Bruxelles. « Nous envoyons un message d'union sacrée, a-t-il conclu à la fin de la journée de présentation du 16 octobre. Il s'agit, compte tenu du contexte économique et politique, de rester solidaires pour relever les défis de la ruralité. »
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