micro.immo répond à la méga crise des agences immobilières
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William Trapeau, qui travaille dans l'immobilier depuis plus de vingt ans, n'est pas le seul à se souvenir de l'évolution des taux d'intérêt. Les acheteurs potentiels aussi ont de la mémoire. Et ils savent qu'ils étaient, au début de l'année 2022, à environ 1 %... Certes, cela n'a pas toujours été le cas. « Les taux d'intérêt se situaient autour de 9 % en 1992, rappelle ainsi William Trapeau. Mais il n'en reste pas moins que depuis 2016, ils étaient historiquement bas, et qu'ils ont quadruplé en deux ans (à 4,24 % en mars 2024). » Même si les taux refluent quelque peu actuellement, le mouvement initial, lié à la remontée des taux directeurs opérée par les autorités monétaires, dont la Banque centrale européenne, pour tenter de juguler l'inflation, a de quoi rebuter plus d'un acheteur qui doit emprunter. En effet, « alors qu'au sortir de la crise Covid, un bon salaire permettait d'emprunter jusqu'à 500 000 euros sur vingt ans, aujourd'hui, pour le même type de revenus, les banques ne consentent plus que 350 000 euros de prêt. La capacité totale d'emprunt a été rognée de plus d'un quart », explique-t-il. Face à cette situation nouvelle, la seule solution pour les vendeurs aurait été de revoir leurs prétentions à la baisse. Une correction a bien lieu, au moins dans certaines régions, mais dans des proportions encore très limitées. De fait, si les prix ont tendance à monter rapidement, ils ne baissent en revanche que très lentement...
Le résultat, évidemment, c'est une nouvelle crise immobilière. Avec, pour les agences, un nombre d'opérations nettement plus faible. Au point de devoir, parfois, fermer boutique. « Entre l'été 2022 et l'été 2023, les agences ont vu leurs ventes reculer de 40 %, souligne ce spécialiste. Et le nombre de défaillances a presque doublé. Les statistiques les plus récentes font désormais état de 657 agences ayant fermé cette année, dont 498 ont été mises en liquidation judiciaire. » Toutes les agences immobilières ne sont pas logées à la même enseigne, cependant. Ce sont les plus petites, les indépendantes, comptant deux ou trois salariés, qui sont les plus vulnérables et les plus touchées.
C'est à partir de ce constat que William Trapeau, fondateur, en 1999, de l'agence Cii gestion, devenue MYclermont.fr, à Clermont-Ferrand, a réfléchi, depuis 2020, à une nouvelle offre, micro-immo, pour voler au secours de la profession et en particulier des indépendants.
« J'ai développé un concept de réseau orienté crise, explique-t-il. D'abord parce que l'union fait la force et que la mutualisation des informations et des services ne peut que protéger les petites structures, comme j'ai pu le constater en lançant de nouvelles agences à Vichy, à Agde, à Paris et à Marseille, mais aussi parce que la proposition de valeur des grandes enseignes ne me paraît pas adéquate. » Ce qu'il veut dire par là, c'est que les grands noms du métier exigent des droits d'entrée très élevés pour rejoindre leur réseau déjà implanté ainsi qu'une redevance, elle aussi élevée, que les franchisés doivent verser, sans oublier de s'acquitter également d'un pourcentage sur leur chiffre d'affaires. Autant dire que l'adhésion à ce genre de club n'est pas pour tout le monde. Au contraire, William Trapeau prend le contrepied de cette philosophie. Avec micro.immo, pas de droit d'entrée ni de redevance, ni de pourcentage sur le chiffre d'affaires. Seule la somme mensuelle de 590 euros est nécessaire pour rejoindre micro.immo sur une durée initiale de trois ans. « Et elle comprend un tarif négocié pour avoir accès au CRM, indispensable pour rendre compte des opérations », ajoute-t-il. Pour poursuivre : « La proposition de valeur de micro.immo inclut également deux mandats exclusifs à frais réduits, qui répondent directement aux attentes des Français, dont 65 % trouvent les frais d'agence trop élevés, selon une étude récente. »
Le premier mandat exclusif propose une solution économique : il comprend l'estimation du bien, les photos, la visite virtuelle ainsi que la publicité. L'agent référent se charge de l'envoi des visiteurs, mais c'est le vendeur qui prend en charge les visites, ce qui permet de réduire les coûts. Le second mandat exclusif offre une réduction de 20 % par rapport au mandat simple et à la concurrence. Dans ce cas, c'est l'agent qui assure les visites, offrant ainsi un service complet à un tarif très compétitif. « Notre objectif, avec ces deux formules, uniques dans la profession, est que nos agents parviennent à signer 70 % d'exclusivité, tout en répondant aux besoins des clients pour un service de qualité à un coût réduit », conclut-il.
En outre, le réseau fournit un site internet clé en main aux nouveaux adhérents, et à l'avenir, d'autres services, dont des formations, seront rajoutés. William Trapeau compte sur Franchise Expo Paris 2025, qui aura lieu du 15 au 17 mars 2025, pour « recruter » une dizaine de petites agences. Et à l'avenir, il en espère au moins une centaine, voire plus, sur toute la France. De quoi enclencher un cercle vertueux - même s'il admet qu'il faudra, pour ces pionniers comme pour les autres, s'adapter à une nouvelle normalité, faite de taux d'intérêt plus élevés et de volumes de ventes plus faibles, autour de 900 000 par an, au lieu des records (à 1,2 million) de 2021...
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